2 ÉCONOMIE DE L'AGRICULTURE.
Dix-huit ans d’une pratique suivie avec beaucoup d'entrainement, commea-.
cée sans préjugés au milieu d’une carrière toute différente, et ensuite soumise à la méthode la plus analytique et la plus précise, sous des climats divers; des voyages nombreux; l'examen des procédés usités dans des contrées de cir- constances variées, mont acquis, chèérement peut-être, mais avec quelque s0- lidité, une sorte d'expérience sur les diverses branches de l’économie rurale. Si j'ai eu beaucoup de succès, ils ont été devancés par beaucoup de mécomptes; et comme j'estime que ce sont principalement ceux-ci dent la connaissance importe au cultivateur, c’est en grande partie d'eux, ou des moyens de les éviter, que je parlerai dans cet ouvrage. Je ne nie point, au reste, que Îles opérations d'autrui ne nvaient fourni de nombreux exemples de procédés à éviter; mais, en parlant de ces erreurs, je tairai soigneusement le nom de ceux à qui je les
ai vu commettre; les miennes sont les seules que je veuille mettre au grand jour.
Si, chez nous, quelqu'un avant moieût fait le travail que j'ontreprends aujour- d'hui, une foule d'hommes intéressants eussent été sauvés de fâcheux mé- comptes, et l'on serait persuadé d’une vérité qui ne me laisse plus aucun doute, que l'Agriculture est, non-seulement une occupation noble et douce, qui fournit un aliment aux méditations les plus profondes et à l'imagination la
lus active, qui donne du calme à lâme et fait couler la vie au sein des P s 3
jouissances les plus morales, mais encore nn moÿen de faire des profits
aussi sûrs et aussi considérables que tout autre genre de spéculation: la classe des grands propriétaires chercherait, dans ce genre d'occupation, un
emploi utile de ses loisirs, et son exemple, infuant sur la populauon dont
elle est entourée, introduirait l'abondance et le bien-être parmi le commun
des cultivateurs.
Dans le choix d’un ordre pour cet ouvrage, je ne crois pouvoir mieux faire que de suivre celui que Thaer a adopté pour ses Principes raisonnés d’ Agricul- ture; cet ordre me paraît aussi logique que tout autre, et si même il le fut moins, il aurait toujours l'avantage d’être déjà connu, établi; d’être celui sous lequel l’enseignement de la science agricole se fait plus généralement au- jourd’hui.
Du reste, ceci n’est point un traité d'agriculture; je trouverais absurde de répéter ici ce que Thaer a développé mieux que je ne pourrais le faire moi- même. Cet ouvrage ne sera en aucune manière un résumé de celui de ce grand auteur; il lui sera, si l’on veut, une sorté de supplément; mais Jose me flater que, même isolé, il sera utile à la plupart des hommes instruits qui se vouent à l'Agriculture.


