Aufsatz 
Lafontaine comme fabuliste : 1. Teil
Entstehung
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13.

qui ont belle tête, mais point de cervelle ouqui n'ont que l'habit pour tout talent. Nous reconnaissons dans Lafontaine que ni l'extérieur, ni le rang ni la fortune ne font l'homme, mais le sentiment et le caractère intérieur.. 8

Le poëte nous recommande le travail, Peconornie, la. vigilance, 1 nous met en n garde contre Pavarice et l'avidité, source de tous les vices. Il nous apprend qu'il vaut mieux être modéré, de se contenter de son bien et de son simple métier que de vivre dans l'abondance. IIl nous fait connattre l'avantage de vivre avec nos égaux, le besoin qu'on peut avoir de ses inférieurs; il faut fuir la discorde, car l'unité seule rend fort; il faut épargner son prochain, si Pon veut éêtre epargné; n'ôtre ni flatteur ni trompeur; jamais mépriser de bons conseils, se garder de juger des gens sur la mine; il ne faut pas batir des chäâteaux en Espagne et en toute chose il faut considérer la fin. Si nous sommes heureux nous devons fuir l'amour propre, l'orgueil et la sotte vanité; il faut prendre garde de nous moquer de ceux qui sont moins heureux que nous.

Les vices que le poëte méprise le plus et combat sans cesse, sont l'avarice, le mensonge, la fourberie, la perfidie et l'ngratitude qui détruisent tout ordre social. Telles sont les vertus et les préceptes de morale, que le poëte nous recommande, les vices qu'il faut fuir pour devenir et rester heureux. Mais puisque tel est le sort de l'homme, qu'il ne peut être toujours heureux, il nous apprend aussi, comment il faut se prendre dans le malheur. II est inutile de se plaindre toujours de son destin, il faut se confier en la Providencequi sait ce qu'il nous faut mieux que nous-mêmes; cependant il ne faut pas fatiguer les dieux par des bagatellesAide-toi et Dien t'aidera, chest la dévise, que le poëte a écrite sur ses drapeaux. Enfin patience et per- sévérance font plus que force et rage. Le sage sait que le malheur a son bon côté, qu'il pré- serve l'homme de l'orgueil, qu'il apprend à être modeste.

Lafontaine nous donne le spectacle du monde réel sans souhaiter ni louer un monde meil- leur. Il montre les faibles opprimés sans leur laisser espoir de secours ni de vengeance. II reconnait que Jupiter a mis deux tables au monde; que l'adroit; le fort, le vigilant sont assis à la première et que les petits mangent les restes des grands à la seconde. Nous voyons que la sottise remporte quelquefois la victoire sur la vertu et la sagesse, la force sur la raison Mais parce que le mal est dans la condition humaine il fant Taccepter pour soi comme pour autrui.

Telle qu'elle est, vie est passable.Mieux vaut souffrir que mourir. Tachez de n'être point sots, de connaitre la vie, de n'être point dupes d'autrui ni de vous-méême, voilà le conscil qu'il nous donne.

Sa morale est celle du pauvre, de l'opprimé. Pour éviter les maux qui le ménacent du coté des grands et des puissants, le poòte lui conseille quelquefois mèême de flatter, de cacher ses vrais sentiments,de parler de loin ou bien se taire,de dire selon les gens: Vive le roi! vive la Ligue!

Lafontaine en peignant ainsi toutes les conditions humaines l'état, la société, la famille, en nous faisant connattre le cœur humain avec ses vertus et avec ses vices nous fait toujours sentir qu'il s'intéresse à tout, qu'il prend une grande part à tout. Ne connaissant que trop bien les faiblesses et les vices de l'humanité, Lafontaine ne la méprise point comme Rabelais ce con- naisseur profond des vices et des insipidités de son temps, qui les combattait avec tous les armes d'une satire mordante, d'une philosophie moqueuse. Notre poëte n'est pas un moraliste sevère