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attraper un àâne mort qui flottait sur les ondes, il veut boire toute l'eau de la rivière et puis „ce corps demeurera bientôt à sec et ce sera provision pour toute la semaine.“—
L'àne„le coursier à longues oreilles,“ répresente la sotte vanité. Il marche gravement sans songer à rien. Mais il est fier de ses bonnes qualités que l'homme est trop sot et trop in- juste pour reconnaitre; il appelle son frère.„Seigneur,“ parle de son„auguste nom,“ il se mo- que de l'homme,„cet animal si parfait,“ et il le trouve plaisant que les humains prétendent ex- celler par dessus de lui. Mais malgré ce beau discours, il est un lourdaud et le restera toujours. Ce n'est pas dans sa nature de se rendre aimable; c'est inutile d'imiter le petit chien, qui donne la patte;„voyant son maitre en joie, il s'en vient lourdement, lève une corne tout usée
„La lui porte au menton fort amoureusement, „Non sans accompagner, pour plus grand ornement „De son chant gracieux cette action hardie.“
Quoique cette pensée soit admirable, il ne passe point pour aimable, pour galant, au con- traire, pour ces sottises il n'y a qu'un remède: il faut employer Martinbäton.
Il fait aussi ses réflexions et raisonne sur son état,„à quoi bon porter les herbes au marché, s'il faut pour cela interrompre son somme?“ IIl aime mieux songer à attraper des morceaux de chou qui ne lui coũtent rien.
Ordinairement il est„bonne créature,“ mais quelquefois méchant, sourd aux cris, aux coups, aux prières. Quand le chien mourant de faim lui demande en gräâce de se baisser et de lui laisser prendre son diner dans son panier:
„Point de réponse, mot. Le rousin d'Arcadie „Craignit, qu'en perdant un moment „Il m'en perdit un coup de dent.“—
Le loup,„tyran des brébis“ aime sourtout à„manger gloutonnement“ et pour satisfaire sa passion, il est méchant, ennemi sans foi, ingrat, hypocrithe, sycophante. Quelquefois il pense réussir par des ruses comme le renard, mais il est toujonrs reconnu, toujours battu, quoiqu'il prenne l'habit de berger, et qu'il se dise écolier d'Hippocrate. Sot et imbecille il s'imagine que la mère va lui donner son enfant et quand il se voit trompé, il s'amuse à ménacer et à se plaindre:
„Qu'est ceci? s'écria le mangeur de moutons
„Dire d'un, puis d'un autre! Est-ce ainsi que l'on traite „Les gens faits comme moi? Me prend-on pour un sot? „Que quelque jour ce beau marmot
„Vienne au bois cueillir la noisette.“«.........
Il est quelque peu clerc, sait discuter, il prouve clairement que l'äne est le plus coupable „ce pélé, ce galeux,“ et il demande la tête du coupable pour sauver la société.—
Mais toujours affamé il préfère sa liberté aux beaux repas de l'esclave.—
Un vrai modèle de perfidie, fausseté et hypocrisie est le chat. Il est rusé et plein d'adresse,„arbitre expert pour tous les cas.“ II sait faire la chattemite et cache sous sa mine dévote des projets bien pernicieux pour les pauvres souris et les rats qui sont trop crédules et sots. II fait le mort et du haut d'un plancher se pend la téête en bas:„la bôte scélerate à de certains cordons se tenait par la patte;“ une autre fois il blanchit sa robe et s'enfarine.


