Aufsatz 
Bossuet comparé à Fénelon / Abhandlung des Gymnasiallehrers Dr. Gustav Wachenfeld
Entstehung
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Dans une autre lettre, Fénelon écrivit à Bossuet:Quoi qu'il en soit, si j'ai dit quelque chose qui ne soit pas vrai et essentiel à ma justification: ou bien, si je l'ai dit en des termes qui ne fussent pas nécessaires pour exprimer toute la force de mes raisons, j'en demande pardon à Dieu, à toute l'église et à vous. Apréès m'avoir donné si souvent des injures pour des raisons, n'avez-vous point pris mes raisons pour des injures?

Fénelon avait soumis, avec la permission du roi, la décision de cette controverse facheuse et la censure de son livreExplications des maximes des saints au saint-siége. Lorsque Rome, après avoir hésitée presque deux années, eut décidé contre lui en 1699, il fut le premier qui voulüt publier le bref du pape. Bossuet douta pourtant encore quelque temps de la sincérité de cette soumission. Malgré toutes ces injures, Fénelon lui pardonna ses injustices et ses hostilités et ne parla plus tard de lui qu'avec respect et avec charité. Du reste, il est curieux de voir, dans cette controverse, les jésuites et les protestants du parti de Fénelon. Les derniers trouvéèrent, dans la doctrine de l'amour pur, quelques ressemblances avec le mysticisme évangélique. Quant aux jésuites, Bossuet nous laisse bien voir leurs raisons de prendre le parti de Fénelon, dans une lettre à son neveu du 9. décembre 1697, ouù il dit: On écrit de Rome due M. l'abbé de Chanterac vante M. de Cambrai comme le défenseur, contre les évéques de France, de l'autorité du Pape, de l'anti-jansénisme et des moines. Si nous consiäérons que Bossuet avait attaqué les jésuites dans les casuistes, qu'il était le plus zélé défenseur de la liberté gallicane, qu'il s'était enfin déclaré, dans son instruction pastorale, contre l'idolätrie tolérée par les jésuites dans leur mission chinoise, et que cette affaire allait justement alors être décidée par le saint-siége, tandis que Fénelon avait attaqué, avec le plus grand zele, les jansénistes, les plus grands ennemis des jésuites, nous pouvons comprendre la position des jésuites et l'embarras du saint-siége dans la controverse des deux prélats les plus distingués de la France et la haute considération du pape pour Fénelon après la condamnation inévitable de son livre évangélique.

Chapitre VIII.

Leurs caractères.

Tandis que Bossuet se réjouissait d'une ferme constitution du corps et d'une parfaite santé, Fénelon, homme grand et maigre, était d'une constitution faible et fragile. Leur manière de vivre était simple et réguliére. Outre les travaux, les rapports avec les amis étaient leurs seuls plaisirs; à plusieurs reprises ils cherchaient, avec prédilection, la solitude. Dans la conversation, Bossuet était toujours simple, sérieux, plein de dignité, Fénelon, spiri- tuel, gai, on a dit, même coquet, ²⁴) mais en prédicateur et en auteur, l'un était fervent et foudroyant, quelquefois vigoureux et véhément, l'autre, toujours tranquille et modéré. Féne- lon aimait le monde et les arts, méême le théatre, Bossuet méprisait le monde et la scène,

²4) Mémoires de Saint-Simon I, p. 124.