Aufsatz 
Bossuet comparé à Fénelon / Abhandlung des Gymnasiallehrers Dr. Gustav Wachenfeld
Entstehung
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par le pape. Elle ne put se soutenir plus longtemps au couvent de St. Cyr, ouù elle devait répandre, d'après le souhait de Mae de Maintenon, le désir de la perfection religieuse, mais exerçait une influence dangereuse sur les jeunes dames de la maison. Suivant le conseil de Fénelon, elle pria l'évéque de Meaux, au septembre 1693, d'examiner bien sa doctrine d'après ses livres imprimés et sa biographie écrite. Celui-ci ne lui céda qu'en hésitant, comme s'il en avait pressenti les suites funestes. En méeme temps il l'engagea à se retirer à la campagne et à la retraite près de Meaux. Les lettres de Mme Guyon à Bossuet manifestent une soumission extraordinaire, mais à la fois l'espérance de le gagner pour ses sentiments.

Au bout de quelques mois, il eut un entretien avec elle et se contenta de ses promesses de se tenir désormais tranquille. Mais elle-mêeme demanda un autre examen de sa doctrine. Une commission composée des évéques de Meaux et de Chalons, comme de M. Tronson. supérieur de St. Sulpice, dressa, le 10 mars 1695, sous Passistance de Fénelon, devenu alors archevéque de Cambrai, les 34 articles d'Issy, qui condamnaient le quiétisme, c'est--dire ce faux spiritualisme l'âme enfoncée dans l'amour de Dieu croit pouvoir se passer des moyens de la gräce prescrits par l'église. Fénelon avait proposé d'ajouter les derniers quatre articlespour pouvoir signer de son sang.

Sa consécration pour l'archevéché de Cambrai par Bossuet, à St. Cyr, en présence de Mume de Maintenon et des petits-fils de Louis XIV, fut le dernier triomphe de leur amitié.

Quelques semaines après, Mée Guyon quitta en secret le couvent de Sainte-Marie près de Meaux, pour se cacher dans une petite maison du faubourg Saint-Germain. Elle fut trouvée et emprisonnée à Vincennes, par ordre de Mae de Maintenon, qui y agissait de concert avec Bossuet.*) Fénelon se tint tranquille, même indifférent, à cette nouvelle. Mais lorsque son ami demanda une approbation d'un écrit intituléInstruction sur les états d'oraison, dans lequel Mme Guyon était personnellement attaquée, il la refusa. Ce refus, que Bossuet regarda comme une rupture de leur amitié et un désaveu des articles d'Issy, fut le commencement de leur controverse fatale. Des bruits malins furent répandus contre Fénelon, de sorte que celui-ci se vit obligé de se défendre publiquement. II écrivit une explication des 34 articles d'ISsy intituléeExplications des maximes des Saints, qui devait paraitre après la publication de l'écrit de Bossuet. Mais le duc de Chevreuse fit publier d'avance, à linsue de l'auteur, le livre de Fénelon, qu'il avait laissé, en partant pour Cambrai, entre les mains de l'imprimeur à Paris. Ce fut ainsi que, par Pindiscrétion d'un de ses amis, Fénelon fut entrainé dans une querelle qui allait mettre en danger son amitié avec Bossuet et la réputation de son orthodoxie à la cour et à l'église. Car, quoique son livre ne contienne que des doctrines sur l'amour pur qui sont tout à fait d'accord avec les maximes de l'Evangile et des apôtres, il semblait, étre une justification du quiétisme. Mais la différence entre les idées fantasques de Mme Guyon(qui nommait, par exemple. Dieu son époux, qu'elle aimait plus que l'amant le plus passionné n'aime sa maitresse, et qui comparait son abondance d'amour de Dieu avec une mèére nourrice, qui créve de lait ¹⁸) et les sobres pensées de Fénelon est si grande qu'on ne peut comprendre l'émotion fanatique de Bossuet et de ses amis contre lui et son livre.Je

*) Plus tard elle fut- emprisonnée à Vaurigard et enfin dans la Bastille, d' elle fut libérée en 1702. Elle mourut à Blois en 1717. ¹⁸) Vie de Madame Guyon, Chap. X. XXII, etc.