Aufsatz 
Bossuet comparé à Fénelon / Abhandlung des Gymnasiallehrers Dr. Gustav Wachenfeld
Entstehung
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ami disgracié, parce qu'elle était aussi jalouse de Mme Guyon, la fameuse quiétiste, que Louis XIV l'6tait de Fénelon. Le roi fit les plus forts reproches à Mme de Maintenon et à Bossuet, pour lui avoir caché si longtemps le danger qui le menaçait de la part des quiétistes et de Fénelon. Craignant d'encourir la disgräce du roi, ceux- s'empressèrent d'écarter tout soupcon et d'affermir leur position influente à la cour. Tandis que Bossuet fut promu aux dignités de conseiller d'Etat et de premier aumônier de la duchesse de Bourgogne, et qu'il espéra même devenir cardinal, Fénelon fut banni de la cour et calomnié, pour ses liaisons avec Mme Guyon: méme ses amis et ses parents furent licenciés. Peut-être Louis XIV. lui aurait-il encore pardonné son hérésie, mais la critique de son gouvernement trouvée dans le Télémaque, il ne put jamais la lui pardonner. Néanmoins Fénelon, qui avait écrit cet. ouvrage avant sa disgräce à la cour(en 1693 ou 1694) et n'avait pas voulu critiquer son roi,*) n'a jamais cessé de professer, dans toutes les occasions, un véritable attachement pour le monarque, comme nous voyons surtout dans une lettre écrite la veille de sa mort, dans laquelle il dépose l'expression de ses derniers sentiments. II y proteste solennellementqu'il a toujours eu, pour la personne de Louis XIV et pour ses vertus, une estime et un respect profond.¹⁴)

Le premier aoüt 1697, lorsqu'il était sur le point de quitter la cour, il écrivit à Mme de Maintenon:Je retourne à Cambrai avec un coeur plein de soumission, de zéle, de recon- naissance et d'attachement sans bornes pour le roi. Ma plus grande douleur est de l'avoir fatigué et de lui déplaire. Je ne cesserai aucun jour de ma vie de prier Dieu qu'il le comble de ses gräces. Je consens à étre écrasé de plus en plus. L'unique chose que je demande à sa majesté, c'est que le diocèse de Cambrai, qui est innocent, ne souffre pas des fautes qu'on m'impute.¹⁴)

Après la mort du Dauphin, les amis de Fénelon respiraient de nouveau, en voyant avec joie la confiance du roi en son petit-fils, le duc de Bourgogne, et les officiers et les courtisans s'empressèrent déjà de témoigner leur dévouement et leur confiance au conseiller intime du prince royal. Cependant la mort prématurée du duc de Bourgogne détruisit bientôt toutes ces espérances. Fénelon restait banni de la cour jusqu'à la fin de sa vie, malgré ses sacrifices patriotiques, pendant la malheureuse guerre de succession en Espagne.

Chapitre VII. Leurs rapports mutuels et leur controverse sur le quiétisme.

Bossuet fit la connaissance de Fénelon chez le marquis de Fénelon, oncle du dernier. On remarquait, dit leur biographe, cardinal de Bausset, qu'il fut frappé, dès les premiers moments, du mérite extraordinaire qu'annonçait ce jeune ecclésiastique.¹⁵³) Fénelon fréquenta les conférences sur l'écriture sainte, que Bossuet tenait chez lui à Versailles, lorsqu'il était précepteur du Dauphin. II l'accompagna à sa maison de campagne à Germigny près de

*) Voyez Schütz, Abenteuer des Telemach. ¹³) Bausset, Histoire de Fénelon, II., p. 174. ¹⁴²) Bausset, Histoire de Fénelon I., p. 399. ¹⁵) Bausset, Fénelon I., p. 48.