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Le roi méême aimait à l'entendre, après que sa mère Anne d'Autriche l'avait déjà entendu précher à Metz, en 1657.
Dévoué sincèrement à l'autorité et affectionné pour la personne du roi, il fut nommé prédicateur de la cour, en 1662. Malgré la franchise, avec laquelle il reprochait au roi Pambition, l'orgueil, les amours:, il devint précepteur du Dauphin. Comme tel, il vécut dans la retraite à Versailles, éloigné des plaisirs de la cour, livré tout à fait aux études théologiques et philosophiques, sur lesquelles il aimait à parler avec ses jeunes amis, Fleury, Pélisson, la Bruyère, Fénelon, qui l'accompagnaient aux promenades dans le parc. Par la confiance générale, dont il jouissait à la cour, il fut mêlé, malgré lui, dans les affaires amoureuses du roi. II consacra, en 1674, la duchesse de la Vallière, amante disgraciée du roi, en présence de la- reine, au couvent des Carmélites, il approuva la hardiesse d'un prêtre de Versailles, qui avait 0sé refuser l'absolution à Louis XIV, en 1675, et déclara au roi que,„les princes étaient soumis, comme les autres hommes, à l'autorité de la morale chrétienne“, de sorte que le roi, frappé par cette remarque, renvoya Madame de Montespan à Pariss). Bossuet fut chargé lui-même de la disposer à consentir à cet éloignement de la cour, où elle avait régné si longtemps. Aux reproches, qu'elle lui faisait, il n'opposait que des raisons convaincantes, et il était déjà sur le point de réussir, lorsque le roi. cédant aux insinuations des courtisans et à ses propres inclinations, ordonna de préparer an château de Versailles un logement pour Madame de Montespan.*) En vain Bossuet rappela-t=il aun roi ses promesses. Louis XIV resta inébran- lable. La maitresse reprit sa place de surintendante de la maison de la reine, mais perdit, „par Ses hauteurs et les inégalités de son humeur impérieuse“, l'affection et la faveur du roi pour toujours.„O'était dans la société de Mme de la Vallière, que Louis XIV avait senti naitre la première impression de la passion si vive qui l'entraina vers Mme de Montespan. Ce fut dans la société de Mme de Montespan elle-méème, qu'il commencça à éprouver pour Mume de Maintenon le charme plus doux d'un attachement vertueux. Mme de Montespan avait triomphé de Mme de la Valliére par ses agréments et sa beautée. Mme de Maintenon qut l'empire plus durable et plus flatteur, qu'elle conservait sur Louis XIV jusqu'à la fin de sa vie, à son esprit, à sa raison et à sa vertu.“¹⁰) Madame de Montespan avait engagé Mme Scarron comme gouvernante des enfants qu'elle avait du roi, avait acheté la terre de Maintenon pour elle et l'avait défendue, avec une rare opiniätreté, contre son amant royal, jusqu'à ce qu'elle s'apercut, mais trop tard, qu'elle avait protégé une rivale. Elle quitta la cour en 1687, pour se retirer à Saint-Joseph, mais elle resta toujours en relation avec Bossuet, qui tâchait de la ramener à la vertu et à la modestie. Mme de Maintenon en voulait à Bossuet d'avoir agi envers Mme de Montespan avec trop de douceur et trop de politesse. Elle écrivit à Mme de Saint Géran: „je vous l'avais bien dit, Madame, que M. de Condom jouerait dans toute cette affaire un rôle de dupe. Il a beaucoup d'esprit, mais il n'a pas celui de la cour.“¹¹)
Louis XIV conserva pourtant à Bossuet toute sa confiance. II le consulta pour le choix des instituteurs de ses enfants et lui écrivit, le 11. avril 1691, une lettre, qui termina par ces mots:„Croyez qu'on ne peut avoir plus d'estime que j'en ai ponr vous, jointe à beancoup de confiance.“¹²)
) Voyez Floquet, Etudes sur la vie de Bossuet II., p. 372.*) Mémoires de Saint-Simon I. p. 17 et 18. ⁹) Bausset, Histoire de Bossuet II., p. 56. ¹⁰) Mémoires de St. Simon I., p. 55— 58. ¹¹) Bausset II., p. 74. ¹²) Bausset II., p. 79.


