Aufsatz 
Bossuet comparé à Fénelon / Abhandlung des Gymnasiallehrers Dr. Gustav Wachenfeld
Entstehung
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L'impiété déclarée et méême la persécution n'exemptent pas les sujets de l'obéissance qu'ils doivent aux princes. Les sujets n'ont à opposer à la violence des princes que des remon- trances respectueuses, sans mutinerie et sans murmure, et des prières pour leur conversion. Le prince doit employer son autorité pour détruire dans son Etat les fausses religions. On peut employer la rigueur contre les observateurs des fausses religions; mais la douceur est préférable. Ceux qui ne veulent pas souffrir que le prince use de rigueur en matière de reli- gion, parce que la religion doit être libre, sont dans une erreur impie. Autrement il faudrait souffrir, dans tous les sujets et dans tout l'Etat, l'idolatrie, le mahométisme, le judaisme, toute fausse religion; le blasphème, l'athéisme méême et les plus grands crimes seraient les plus impunis.

Les rois de France ont une obligation particulière à aimer l'Eglise et s'attacher au saint siége.

Il y a trois justes motifs de faire la guerre: T'injuste refus du passage demandé à des conditions équitables, l'hostilité manifeste et le droit des gens violé en la personne des ambassadeurs.

D'injustes motifs sont les conquétes ambitieuses, le pillage, la jalousie, la gloire des armes et la douceur de la victoire.Qne sert à l'homme de conquérir le monde s'il perd son âme.

On trouve les méêmes idées politiques dans les cinq avertissements de Bossuet aux protestants.

Dans son Télémaque, Fénelon recommande aussi la monarchie absolue, dirigée par un roi sage et pieux, et bläme encore plus fortement les fautes et les crimes d'un régiment am- bitieux et arbitraire. Regardons seulement quelques passages.

Les rois qui ne songent qu'à se faire craindre et qu'à abattre leurs sujets pour les rendre plus soumis, sont les fléaux du genre humain. IIs sont craints, comme ils le veu- lent étre; mais ils sont hais, détestés, et ils ont encore plus à craindre de leurs sujets, que leurs sujets n'ont à craindre d'eux.¹)

Un roi entiérement tourné à la guerre voudrait toujours la faire pour étendre sa domination et sa propre gloire: il ruinerait son peuple. A quoi sert-il à un peuple que son roi subjugue d'autres nations, si on est malheureux sous son règne? Un conquérant, enivré de sa gloire, ruine presque autant sa nation victorieuse que les nations vaincues.¹²)

Tous les peuples sont frères et doivent s'aimer comme tels. Malheur à ces impies qui cherchent une gloire cruelle dans le sang de leurs frères, qui est leur propre sang! Quiconque préfere sa propre gloire aux sentiments de l'humanité est un monstre d'orgueil, et non pas un homme: il ne parviendra même qu'à une fausse gloire, car la vraie ne se trouve que dans la modération et dans la bontée. Heureux le roi qui aime son peuple, qui en est aimé, que se confie en ses voisins, et qui a leur confiance, qui, loin de leur faire la guerre, les empéche de l'avoir entre eux, et qui fait envier à toutes les nations étrangeres le bonheur qu'ont ses sujets de l'avoir pour roi.*³).

Vous avez épuisé vos richesses: vous n'avez songé ni à augmenter votre peuple ni à cultiver les terres fertiles de cette côte. Ne fallait-il pas regarder ces deux choses comme

¹) Télémaque, livre II. ²) Télémaque, livre V. ³) Télémaque, livre XI.