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Ajoutons enfin quelques mots sur deux écrits qui traitent la méthode pédagogique: nous pensons à la lettre de Bossuet au pape Innocent XI., sur l'éducation du Dauphin, et au traité de Fénelon„sur l'éducation des jeunes filles“. Celui-là, qui résume les devoirs des rois dans les trois mots„piété, bonté, justice“, est un exposé bien réfléchi de l'éducation des prin- ces, celui-ci, qui contient les principes d'une éducation raisonnable des enfants en général et des jeunes filles en particulier, est un véritable phénomène dans l'histoire de la littérature pédagogique, comme l'Emile de Rousseau, dont il était, pour ainsi dire, le précurseur, sans en avoir les singularités.
Chapitre V.
Idées politiques de Bossuet comparées à celles de Fénelon.
Bossuet avait écrit la première partie de sa„Politique tirée des paroles de l'Ecriture sainte“ pendant l'éducation du Dauphin; mais, interrompu par ses travaux pour l'assemblée gé- nérale de 1682 et par son histoire des variations etc., il ne l'avait communiquée qu'en 1692 au duc de Beauvilliers, pour l'instruction du duc de Bourgogne. Beauvilliers et Fénelon le pres- sèrent d'achever un tel ouvrage. II le continuna, sans le finir. C'est l'abbé de Bossuet qui a publié l'ouvrage en 1709, d'après les manuscrits de son oncle, et qui l'a dédié au Dauphin.
L'idéal politique de Bossuet est la monarchie absolue, dans laquelle le monarque obéit aux lois de Dieu et pourvoit aux besoins et au bien du peuple.„L'autorité royale, dit-il, est sacrée, paternelle, absolue, non arbitraire, mais soumise à la raison. Le prince n'est pas né pour lui-même, mais pour le public. Un bon prince épargne le sang humain et déteste les actions sanguinaires. Les bons princes exposent leur vie pour le salut de leurs peuples et la conservent aussi pour l'amour d'eux. Le gouvernement doit éêtre doux; car par la douceur on expédie mieux les affaires, et on acquiert une grande gloire. Les princes sont faits pour étre aimés. Un prince qui se fait hair par ses violences, est tonjours à la veille de périr. Brisez la téte des princes ennemis qui disent: II n'y a que nous. Ce n'est pas qu'il soit permis d'attenter sur eux; à Dieu ne plaise! mais le Saint-Esprit nous apprend qu'ils ne méritent pas de vivre, et qu'ils ont tout à craindre, tant des peuples poussés à bout par leur violence, que de Dieu, qui a prononcé que les hommes sanguinaires et trompeurs ne verront pas la moitié de leurs jours.“
„Sans autoriser les rébellions, Dieu les permet et punit les princes par d'autres crimes qu'il chatie aussi en son tem ps, toujours terrible et toujours juste:„Je n'appelle pas majesté cette pompe qui environne les rois, ou cet éclat extérieur qui éblouit le vulgaire. La- majesté est l'image de la grandeur de Dieu dans le prince.“„On doit au prince les méêmes services qu'à sa patrie. Personne n'en peut douter, après que nous avons vu que tout l'Etat est en la personne du prince. En lui est la puissance, en lui est la volonté de tout le peuple. Il n'y a que les ennemis publics qui séparent l'intéréêt du prince de l'intérêét de l'Etat. IIl n'y a⸗ qu'une exception à l'obéissance qu'on doit au prince, c'est quand il commande contre Dieu.


