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duit. Ce ne sont point de systèmes secs et ennuyenx que nos auteurs nous représentent, ce sont des productions d'art, pour le traitement et pour le style.
Mais Bossuet aime l'objectivité, Fénelon, la subjectivité. Le principe de l'un est le dogme de l'église, celni de l'autre est le sentiment intérieur on l'amour chrétien. Cependant il est curieux que Bossuet défendait la liberté gallicane et persécutait le probabilisme des casuistes, tandis que Fénelon était l'ami des jésuites.
Chapitre IV.
Activité pédagogique de Bossuet comparée à celle de Fénelon.
Nous avons déjà vu que nos deux auteurs ont eu l'honneur d'étre précepteurs des deux princes royaux, le Dauphin et son fils, celui-là de 1670 à 1680, celui-ci de 1689 à 1699. IIs avaient été proposés au roi, avec d'autres personnes, par les gouverneurs militaires des princes, le duc de Montausier et le duc de Beauvilliers. Le choix de Bossuet fut l'ouvrage du roi même, qui le préférait à Daniel Huet, favorisé par le duc de Montausier, celui de Fénelon fut l'ouvrage de Madame de Maintenon. La nomination de l'un et de l'autre fut ap- plaudie par toute la France, puisqu'ils s'étaient déjà bien distingués, Bossuet, par ses sermons et par son savoir étendu et profond, Fénelon, par ses premiers écrits et par sa mission en Poitou. Chacun d'eux sentit toute la gravité et toute la responsabilité de sa charge d'élever un bon roi pour la patrie, chacun d'eux inspira et dirigea la cour, excepté le roi méême, par la supériorité de son génie et de ses vertus, chacun d'eux remporta enfin un évéêché impor- tant, comme récompense de sa peine épineuse, sans avoir exprimé aucun désir.
Leur enseignement roula surtout sur la religion, l'histoire et l'antiquité, sans négliger la philosophie, la mythologie et la politique. Une bonne éducation religieuse fut leur but essen- tiel. IIs commencerent et terminèrent leurs leçons par prière, ils racontèrent à leurs élèves ''’histoire biblique et ecclésiastique, avant de leur imprimer le catéchisme, persuadés que l'in- struction historique était préférable à l'instruction dogmatique, ils lurent enfin avec eux des livres choisis de la bible, tout cela pour corriger leurs caractères. IIs enseignèrent de préfé- rence l'histoire de l'antiquité et de France, en montrant à leurs élèves des tableaux biographi- ques et les idées principales des peuples et des périodes. Bossuet établit Saint-Louis comme idéal des rois de France, Fénelon, Charlemagne. Pour faire bien goũter le génie de l'antiquité, ils préférèrent la lecture des auteurs classiques aux sèches explications grammaticales, sans négliger la grammaire et les exercices. Homere et Virgile, Xénophon et César, Cicéron et Térence, St. Augustin et St. Jérôme furent leurs écrivains favoris.
Mais, malgré cette harmonie dans les principes de l'éducation, quelles différences dans leurs applications et leurs succès!
Bossuet eut un prince doux et timide, mais paresseux et indifférent à élever, Fénelon, un enfant terrible, fougueux et impétueux, opiniatre et orgueilleux, mais vif, plein de talents


