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langue et les matières, mais ce qui n'est pas douteux, c'est que Fénelon écrit d'un ton plus fraternel et plus aimable que Bossuet.
La seconde classe de leurs écrits de controverse est dirigée contre les jansénistes, les célèbres défenseurs de la doctrine de saint Augustin de la gräace divine. Ce fut principalement l'autorité de l'église et du saint siége que Bossuet et Fénelon firent valoir contre les jansénistes, qui distinguaient entre le fait et le droit et refusaient de se soumettre aux censures de leurs évéques et du pape. Mais il est remarquable que l'un et l'autre n'ont pas répudié de chercher une réconciliation des jansénistes et de l'église orthodoxe. La correspondance de Fénelon avec Quesnel en donne les meilleures preuves. Et Bossuet, qui s'est déclaré contre les fausses expli- cations du père Augustin de la part des jansénistes autant que contre le probabilisme des jésuites, a entretenu même des rapports mutuels avec les chefs de Port-Royal, qui aimaient à entendre le célèbre prédicateur à Paris, et a écrit sur les lettres provinciales de Pascal:„Quel- ques-unes de ces lettres ont beaucoup de force et de véhémence, et toutes une extrême délicatesse“.
La troisième classe des écrits de controverse de nos auteurs concerne le quiétisme, dont nous agirons dans un autre chapitre.
Quant à l'exégèse de la bible, nous ne possédons aucun ouvrage de Fénelon sur cette matière, tandis que Bossuet a publié plusieurs commentaires de l'ancien et du nouveau testa- ment. Sans savoir la langue hébreue, qu'il n'a commencé à apprendre qu'à l'aàge de soixante ans, et sans apprécier la critique scientifique, qu'il a tant blämée et condamnée dans son affaire connue avec Richard Simon, il a pourtant montré, combien il était entré dans l'esprit des psaumes et des prophètes, de Jésus-Christ et des apôtres.
Il nous reste encore à parler de leurs écrits dogmatiques et philosophiques.
Si nous comparons le traité de Bossuet„sur la connaissance de Dieu et de soi-même“ avec le traité de Fénelon„sur l'existence et les attributs de Dieu“, nous trouvons, dans ces deux ouvrages classiques, plusieurs points de ressemblance. Ca et là l'essai de prouver l'exi- stence de Dieu par l'existence de l'homme, la plus parfaite de toutes les créatures, ca et là une admirable description de notre corps et de ses organes, ca et là le mystère expliqué de l'union du corps et de l'âme, ça et là saint Augustin cité avec prédilection, ca et là une clarté excel- lente et une sublimité admirable du style. Mais tandis que Bossuet se restreint à l'homme et à une comparaison de l'homme avec la bête, Fénelon attire, comme Herder dans ses idées sur la philosophie de l'histoire du genre humain, tout l'univers, les plus grands étres et les plus petits, pour prouver l'existence et la grandeur de Dieu.
Quant à la prédestination, Fénelon développe dans ses lettres sur la grâce et la pré- destination(adressées au père Lami, bénédictin) presque les memes points de vue que Bossuet dans ses dissertations sur Grotius, en distinguant entre la prescience et la prédestination. Car ils étaient, tous deux, Cartésiens et adversaires de Malebranche et de Spinoza; cependant Bos- suet était plutôt philosophe, Fénelon, plutòôt théosophe.
Aucun écrit dogmatique du dernier n'égale les„élévations sur les mystères“ de Bos- suet, le grand prétre des doctrines de l'église, tandis que, pour la description de la vie intéri- eure et de l'union mystique de l'âme avec le Seigneur, Fénelon est sans égal. Ses lettres spiri- tuelles appartiennent au plus beau et au plus sublime que la littérature mystique ait jamais pro-
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