Aufsatz 
Bossuet comparé à Fénelon / Abhandlung des Gymnasiallehrers Dr. Gustav Wachenfeld
Entstehung
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Chapitre I.

Vie de Bossuet comparée à celle de Fénelon.

Bossuet, le 27. septembre 1627 à Dijon, fut fils d'un avocat, Fénelon, le 6 aoüt 1651 au chateau de Fénelon, en Périgord, fut fils d'un comte et le descendant d'une famille célèbre. Leur première éducation, dirigée par leurs pères pieux, fut également raisonnable et chrétienne. Sous la direction de leurs oncles, ils achevèrent les études théologiques à Paris, ils préeéchèrent, déjà à l'âge de 16 ans, au plus grand étonnement de leurs auditeurs. Aprés s'étre approfondis dans l'étude des anciens et de la bible, ils se consacrèrent à la con- version des infidèles, Bossuet, à celle des juifs et des huguenots de Metz, ouù il était diacre, Fénelon, à celle des jeunes filles protestantes, dans la maison des Nouvelles Catholiques de Paris, dont il était le supérieur, ayant renoncé à la mission des paiens au Canada, à cause de sa faible constitution, et à la conversion des Turcs en Grèce, le pays de ses rêveries, par égard pour son oncle, évéque de Sarlat, qui ne partageait pas ses fantaisies. Dix années plus tard, il fut chargé des missions du Poitou et de la Saintonge, par la recommandation de Bos- suet, qui avait fait sa connaissance chez le marquis de Fénelon, oncle de l'abbé.

Les excellents sermons de Bossuet à Paris lui valurent l'évéché de Condom et l'édu- cation du Dauphin. Le roi fut tant enchanté du jeune prédicateur qu'il fit féliciter son pere, intendant de Soissons, d'avoir un tel fils.

Fénelon, recommandé par le duc de Beauvilliers, devint précepteur du duc de Bour- gogne, fils du Dauphin.

IIs enseignèrent leurs élèves illustres pendant dix années, mais avec des succés très différents. Bossuet, devenu évéêque de Meaux, resta dans la gräce du roi, après avoir perdu l'amour de son élève, Fénelon, devenu archevéèéque de Cambrai, garda l'attachement cordial du duc de Bourgogne, mais perdit pour toujours la grâce de Louis XIV., par sa controverse avec Bossuet sur le quiétisme et par la publication de son Télémaque.

Du reste, l'un et l'autre ont illustré leur activité pédagogique et ecclésiastique par des ouvrages éminents, l'un et l'autre ont été recus avec empressement comme membres dans l'Académie francaise.

Comme éveéeques, ils se sont également distingués par leurs talents et leurs connais- sances, par leur probité et leur exactitude, par leur zèle pour la conversion des hérétiques, par leur dévouement patriotique et par leur activité variée, par leurs conseils paternels et leur autorité dans l'église de France. II faut admirer enfin la force d'âme, avec laquelle les deux grands hommes ont supporté tous les maux, qui précédaient leur mort, et la piété sincère, qu'ils gardaient, en s'occupant de l'écriture sainte, jusqu'aux derniers soupirs. Bossuet mourut à Paris, le 12 avril 1704, des maux douloureux qui l'avaient tourmenté presque trois années, Fénelon succomba à Cambrai, le 7 janvier 1715, à une maladie nerveuse, suite de ses plaintes sur la mort de ses meilleurs amis.