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losophique sans doute, que la religion des honnetes gens doit étre celle de leur prince. Dans le domaine grammatical et littéraire, c'est alors lui seul qu'il reconnait comme prince absolu. Il y exerça une dictature entière; il ne subira la loi de personne, témoin la réponse qu'il fit à Henri quatre à l'occasion de la dispute sur le genre du mot cuiller et dont j'ai fait mention plus haut. Si Malherbe s'essaya dans différents genres de poésie, on peut dire qu ni ne réussit guère que dans T'ode et la stance. La dignité de son style et la sobriété qu'il apporte au choix de ses images, le distinguent vivement de la rudesse et de la diction ampoulée de la Pléiade. Malgré ces qualités, il manque en général de verve et d'inspiration. Louis treize, partant pour P'expédition de la Rochelle, recoit de lui les vers suivants: „Certes, ou je me trompe, ou déjà la Victoire, Qui son plus grand honneur de tes palmes attend, Est aux bords de Charente en son habit de gloire, Pour te rendre content.- »Je la vois qui t'appelle, et qui semble te dire: Roi, le plus grand des rois et qui m'es le plus cher, Si tu veux que je t'aide à sauver ton empire, Il est temps de marcher.- A Toccasion d'un voyage de Henri quatre il composa cette:»Prière pour le roi Henri- le-Grand, allant en Limousin- stances ouù il flatte le monarque en ces termes: »Mais ce roi, des bons rois l'éternel exemplaire, Qui de notre salut est l'ange tutélaire, 51 L'infaillible refuge et l'assuré secours, Son extréème douceur ayant dompté l'envie, De quels jours assez longs peut-il borner sa vie, Que votre affection ne les juge trop courts?
Qu'il vive donc, Seigneur, et qu'il nous fasse vivre! Que de toutes ces peurs nos Aâmes il délivre: Et rendant l'univers de son heur étonné, Ajoute chaque jour quelque nouvelle marque Que ta bonté propice ait jamais couronné! Il y peint les désastres des guerres civiles dont le souvenir lui pèse constamment: „»Un malheur inconnu glisse parmi les hommes, Qui les rend ennemis du repos où nous sommes: La plupart de leurs voeux tendent au changement; Et comme s'ils vivaient des misères publiques, Pour les renouveler, ils font tant de pratiques Que, qui n'a point de peur ma point de jugement.« Il espère que la gloire et la puissance du prince rendront au pays les douceurs du repos: „Tu nous rendras alors nos douces destinées; Nous ne verrons plus ces fächeuses années,!1 401] 3*


