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Toutes dissonances, tous sons durs sont interdits. L'harmonie, avec l'observation des règles de la grammaire, est une des conditions essentielles de la versification. Les Amours d'Hippolyte. Sonnet 82. p. 322. Amour, choisis mon coeur pour butte à tous tes traits. R. Ta, tous, 16, traits, cacophonie.— Diane, livre J. Sonnet 16. p. 252. Mais vous, belle tyranne, aux Nérons comparable.
R. Tira nos nes, paroles mal rangées.
Toutes ces annotations et quantité d'autres, par exemple sur un latinisme:»La langue latine se sert de cette éphitète, mais la française, non«, ou sur un autre passage de Des Portes:»Cette sottise est non pareille-, ou:»Etrange oisonnerie, très mal, impertinent- donnent une critique de détails, il est vrai, peu civile, souvent pedantesque méême et à plusieurs reprises outrée, mais néamoins nécessaire pour régénérer la langue, pour soumettre l'art de la poésie à un corps de lois, qui, en la rendant difficile, bannit de son territoire les poètes mé- diocres et n'admit que les esprits vraiment inspirés. La raison de cette critique acerbe de Malherbe contre Ronsard et Des Portes, c'est précisément l'engouement de ce qni constituait le public d'alors et méême des lecteurs d'élite, pour ces difformités, ces licences vicieuses contre le génie de la langue et de la poésie.
Ronsard avait une facilité productive qui lui permettait de composer à son gré, ¹) Mal- herbe, par contre travaillait ses vers avec une lenteur extréme. Comme il s'attachait surtout à la perfection de la forme et du style, quant à la clarté, il limait, touchait retouchait sans cesse. On raconte méme qu'’il barbouilla toute une demi-rame de papier pour une seule stance. »Quand on a fait cent vers et deux feuilles de prose,« telle est son expression, ⸗il faut se reposer dix ans.« II n'est pas étonnant qu'il voulüt imposer à toute production poëtique le travail consciencieux, la méditation profonde, le purisme rigoureux qu'il s'nfligeait lui-même. Rejetant donc sur le domaine littéraire toute négligence résultant du caprice individuel, jaloux à T'excès de la dignité du style, il frappait tous ces manquements, à la propriété de l'idiome, qu'ils fussent calculés ou involontaires, n'importe. On dirait même que ce rigide Malherbe était disposé à mettre sur le compte des imperfections de la langue jusqu' à certaines faiblesses de conception.
Il proscrivit la nonchalance, la paresse qui aimait mieux paraitre ignorer les lois de la poésie que de les reconnaitre et de tächer de les vaincre. Enfin, pour le répéter encore, toute la réforme de Malherbe parait n'avoir eu pour objet que de relever la poésie de la décadence où Tavaient fait tomber les abus de ses devanciers. Toutes les règles du réforma- teur, je l'ai déjà mentionné, ne sont pas d'une égale portée, quelques-uns, par exemple celles sur lhiatus et l'inversion sont trop pédantesques et subtiles; aussi n'ont-elles jamais été stric- tement observées par ces contemporains, mais l'ensemble, le systeme de la critique, également juste et décisive, porta bien ses fruits.
On pourrait douter que la réforme eũt triomphé si le grand critique se füt borné à poser des préceptes et à établir des doctrines. Mais il a fait plus que cela, à la théorie il
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1 1)„Ducentos versus ante cibum et totidem coenatus scripsisse amabat.“ Balzac, lettre à M. de Silhon.


