11
Flögies, livre II. p. 382.. „O temps, qui du haut ciel la vitesse mesures, Las! retourne, disais-je, à mesurer les heures.“ Remarque de Malherbe: rime provençale ou gasconne, d'une diphtongue avec une voyelle. Cléonice, p. 352.
Si, c'est quelque plaisir à ambitieuse äme,
Telle comme P'on dit qu'est celle de la Femme. Remarque: mauvaise rime.
Puis il interdit les rimes des noms propres comme Castille et Bastille, Alexandre et Lysandre, et il devint si rigide sur ce point qu'il pouvait à peine souffrir qu'on rimãt les verbes en er qui avaient tant soit peu de concordance, par exemple ordonner et pardonner en disant qu'ils dérivaient de donner. Quant à la succession des rimes masculines et fémi- nines, c'est à tort que La Harpe rapporte à Malherbe ce perfectionnement dans le système de la versification française, en lui faisant un mérite d'avoir mélangé les rimes masculines et féminines, dont l'effet est si sensible. C'est à des poètes antérieurs, surtout à Ronsard, que cet éloge est dü, d'après le témoignage du judicieux Etienne Pasquier, qui écrit à ce sujet: »Au regard de la rime plate, Ronsard observa toujours cette ordonnance, que s'il commençait par deux féminins, ils étaient suivis par deux masculins, et la suite tout d'une méème teneur comme vous voyez en sa Franciade.«—
A coôté des lois sur la rime, Malherbe en établit une également rigoureuse contre len- jambement, qu'il proscrit absolument et partout. On sait que l'enjambement ou la suspension a lieu, lorsque le sens commence dans un vers et finit dans une partie du vers suivant. Pres- que inconnu chez les anciens poètes, c'est à l'étude des langues anciennes et à la connaisance des procédés de la versification grecque et latine qu'il faut attribuer l'iintroduction de Pen- jambement dans la poésie française. Labus en fut poussé au dernier degré par Ronsard et ses partisans, qui, par là, sacrifièrent'harmonie du vers. Aussi la Harpe lui en fait le re- proche:»Son affectation presque continuelle d'enjamber d'un vers à Tautre est essentiellement contraire au caractère de nos grands vers. Notre hexamètre, naturellement masjestueux, doit se reposer sur lui-même; il perd toute sa noblesse si on le fait marcher par sauts et par bonds: si la fin d'un vers se rejoint souvent au commencement de Pautre, T'effet de la rime disparait, et l'on sait qu'elle est essentielle à notre rhythme poétique.... Toujours rempli des Grecs et des Latins, Ronsard va sans cesse enjamber d'un vers à P'autre:
Cette nymphe royale est digne qu'on lui dresse
Des autels....
Les Parques se disaient: Charles qui doit venir Au monde....
Je veux s'il est possible, atteindre la louange De celle...
„ll ne s'apercevait pas que placer ainsi une chute de phrase au commencement d'un vers, c'est tout ce qu'il y a de plus ridicule, et qu'alors, pour me servir d'une expression triviale, mais juste, le vers tombe sur le nez ou plutôt qu'il u' y a plus de vers.-!)
1) La Harpe, Lycée, tome V. 2*


