Aufsatz 
De l'influence opérée par Malherbe sur la poésie et sur la langue française / [Neuendorff]
Entstehung
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En 1587 il publia Les Larmes de Saint Pierre, imité d'un ouvrage italien:»Lagrime di Santo Pietro del Signor Luigi Tansillo.- Ce poëme, contenant 66 sixains, tout en payant son tribut à la mode italienne, prouve déjà par quelques passages que, pour se développer avec toute son indépendance, le talent de Malherbe n'avait besoin que de temps et d'une occassion favorable. André Chénier, le commentateur des poésies de Malherbe, juge de ces stances comme suit:»Quoique le fond des choses soit détestable dans ce poème, il ne faut point le mépriser. La versification en est étonnante. On y voit combien Malherbe connaissait notre langue et était à notre poésie; combien son oreille était délicate et pure dans le choix et Tenchainement de syllabes sonores et harmonieuses.- ¹) Si cette louange parait exagérée aux yeux des connaisseurs, il faut avouer cependant que cette poésie renferme des vers d'une grande beauté, par exemple le passage il parle des jeunes enfants décédés à la fleur de la jeunesse-d'une ame belle et forte« et de leur accueil au ciel par ces premiers martyrs:

»O désirable fin de leurs peines passées!

Leurs pieds, qui n'ont jamais les ordures pressées,

Un superbe plancher des étoiles se font;

Leur salaire payé les services précède;

Premier que d'avoir mal ils trouvent le remède,

Et devant le combat ont les palmes au front⸗

Que d'applaudissements, de rumeur et de presse, Que de feux, que de jeux, que de traits de caresse, Quant la-haut en ce point on les vit arriver!

Et quel plaisir encore à leur ouvrage tendre, Voyant Dieu devant eux en ses bras les attendre, Et pour leur faire honneur les Anges se lever!-

& part un court séjour qu'il fit en Normandie et en Picardie, Malberbe resta en Pro- vence jusqu' à 1605, oQ il fortifia son intelligence par létude des poèëtes classiques et mo- dernes, se préparant ainsi à son rôle de réformateur à venir, qu'il devait réemplir avec autant de gloire que de succès. En méme temps, il s'exerça dans les genres de poésie, alors en vogue: il fit des stances, des sonnets, des psaumes, un petit nombre de pièces, il est vrai, mais qui déviaient de plus en plus des traces de ses devanciers et annonçaient déjà un goùt différent et des tendances toutes nouvelles. 2) Dans ce recueil nous distinguons surtout:»Consolation à M. du Périer-(1599) sur la mort de sa fille unique Marguerite, stances qui renferment des vers fort beaux, comme ceux-ci:

Mais elle était du monde, les plus belles choses

Ont le pire destin, Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses, L'espace d'un matin.

1) Poésies de François Malherbe, avec un commentaire inédit par André Chénier; publiées par M. De Latour.

2) Demogeot: Tableau de la litterature français au XVIIe Siècle est disposé à croire que ce sont les Tragiques de d'Aubigné et la Satire Ménippée qui exercèrent cette influence favorable sur le talent de Malherbe