Aufsatz 
Vie et Satires de Mathurin Régnier
Entstehung
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satiriques ne pouvaient servir de modèle à notre poëte. Il n'y ayait pas longtemps que la lumière avait commencé à se répandre sur le véritable caractère de la Satire, mais cette lumidère, il faut l'avouer, m'allait guère qu'à rendre les ténòbres, visibles, elle ne les dissi- pait pas. C'est avec Mathurin Régnier que s'ouvre réellement une nouvelle ère pour ce genre de poésie.

Régnier était satirique de toute son dme. Les poëmes lyriques qu'il a composéês- ne sont que peu de chose en comparaison des ses satires. O'est déjà dans sa jeunesse que la gaieté juvénile avec laquelle il se moquait des singularités de quelques bons Char- trains qui fréquentaient sa maison paternelle lui attira le chatiment sévère de son père. Mathurin nous répète les paroles par lesquelles celui-ci, convaincu que les faveurs et les bénéfices que son beau-frère Desportes avait obtenus par ses poésies*) ne tomberaient pas sur son fils, voulait le détourner de sa manie de rimer.**) Mais quoiqueson bon démon dit souvent le mèême à notre Podte, son esprit satirique ne se laissa pas intimider. Mathurin avait reconnu la täche de sa vie. S'il mêprise les remontrances de son pore, il le fait parce quela passion extréême l'entraine avec une force irrésistible. Aussi ne se met-il pas à l'ouvrage avant de s'être soigneusement examiné:

Il faut se reconnoistre, il se faut essayer, etc.***)

Or, le ciel l'avait doué d'un talent impitoyable pour la carricature. avec un tact juste et sür, il a un esprit pergant d'observyateur. Aueune faiblesse de son temps et des individus qui l'entourent ne lui échappe, il note et critique tout ce qui lui déplatt, Thypocrisie, la pédanterie, l'intrigue, etc. Cependant il chaâtie les vices et les ridicules de ses contemporains sans la franchise impétueuse de Rabelais, il les attaque sans amertume et sans flel. Quant à ses propres défauts, il ne les oublie aucunement; il dépeint franche- ment lés irrégularités de sa vie et ses mauvaises qualités, convaincu que celui qui se- moquè des sottises d'autrui ne doit pas oublier les siennes propres. Avant tout, il se met en dexoir d'imiter les satiriques classiques, convaineu que, malgré tout le sel et toute la gräce de V'esprit gaulois, il ne serait jamais possible de rendre la Satire francaise émule de la Satire ancienne à moins qu'on ne prit exemple sur les poëtes immortels de l'anti- quité, particuliérement sur les grands poëtes satiriques des Romains.

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Régnier étudie les anciens comme nulle autre poõte fhngaiai avant lui; il les Studie pour faire ses satires digne image des productions de ses grands, prédécesseurs. Nous admirons les grands connaissances littéraires de- Rabelais, nous nous étonnons du grand

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*) Desportes était le mieux renté des haauxseapritss le total de ses revenus: tait de trente mille 8 res..7 1

**) Sat. IV. vv. 66-84. 120 l 9401

***) Discours au Roi vv. 85 96.