Aufsatz 
Vie et Satires de Mathurin Régnier
Entstehung
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rèegne, faisait longtemps les délices de la société frangaise. Parmi les poëtes satiriques du quinzième siècle c'est particuliéorement François Corbuel surnommé Villon qui mérite le plus notre attention. Villon fut le premier qui, en méêprisant la froide allégorie dont ses prédécesseurs m'avaient su se débarrasser disait crͤment ce qui remplissait son âme. Bien que sa satire soit souvent peu délicate et frivole comme le caractère du poëte même qui, avec une franchise inimitable, nous raconte ses espiègleries et les débordements de ses mœurs, Villon possède pourtant une incroyable vigueur. Ce qui lui appartient c'est la vérité des sentiments, c'est le relief et la couleur du langage, c'est l'imagination créatrice qui lui gagnait toujours beaucoup d'amis. Le sévère Boileau même ne pouvait s'empécher de lui donner un témoignage brillant dans les vers suivants:

Villon sut le premier, dans ces siècles grossiers Débrouiller Part confus de nos vieux romanciers.*)

Pendant que le quinzième sièclenma rien produit de comparable ni au poëme du- Renart ni au Roman de la Rose, les contrastes frappants qui dominent le seizième sibcle font naissance à un ouvrage qui fit alors une grande sensation. François Rabelais, Pauteur illustre de Gargantua et de Pantagruel, y chätie les mœurs corrompues de son temps du plus fin talent d'observateur qui montre souvent le cynicisme le plus repoussant. Rabelais se lance vaillamment sur les moines imbéciles, sur les médecins maladroits, sur les sorbonistes ridicules et sur les juges ignorants et corruptibles et, quoiqu'il ne faille pas prendre à la lettre ces reproches si vifs et si étendus, il semble très-souvent toucher la vérité.

Le mouvement des esprits qui eut commencé en Italie déjà au quatorziòème siècle et qui atteignit son comble au milieu du quinzième, s'étend bientôt sur la France, et la tendance d'étudier les écrivains des anciens se fait conmnattre dans toutes les productions littéraires. Tous les efforts de la Pléiade française, association postique fondée par Ron- sard à Timitation de la Pléiade alexandrine des Grecs, tendaient à faire regarder les règles que les anciens écrivains avaient suivies avec tant de succès comme le brincipal élément de la poésie Tfrangaise. En voulant ressusciter tous les genres connus des anciens depuis P'ode et la tragédie jusqu'à l'idylle, on pensait aussi à la Satire. On reconnut la grande difference qui était entre Pancienne Satire d'Horace et de Juvénal et la Satire frangaise jusqu'à Ra- pelais et déclara ouvertement qu'il fallait rajeunir et multiplier les formes de ce genre de poésie. Malgré la pédanterie avec laquelle on précédait quelquefois, et malgré l'imitation Dar bare de Tantiquité, on ne saurait nier que Tattachement aux anciens et particulièrement

à Horace ne düt servir à épurer et à raviver la poésie frangaise. Cependant les succès d ces wmer, principalement dans la Sätire, ne furent que très faibles et, dans la Satire

*) Boileau: Art. poët. I. vv. 117, 11s.2 100 Inoctsladionts 30 anoiibtr