Aufsatz 
Comment se rendent en francais les mots d'origine étrangère usités en allemand? / Becker
Entstehung
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contribué, il est vrai, à épurer en quelque sorte le goũt dans T'industrie et les arts, à polir les moeurs, à favoriser les habitudes fines; mais ils ont aussi influé, ainsi que les ar- mées françaises qui ont séjourné à différentes reprises en Allemagne, à défigurer notre langue par la propagation d'éléments qui y sont étrangers.

L'influence des étrangers sur notre langue part particulièrement du Sud ou de l'Ouest. Nous avons peu de mots à dénoter qui viennent du Nord. O'est aux touristes anglais qui font ou ont fait un séjour de quelques mois dans notre pays et aux voyageurs alle- mands qui visitent J'Angleterre Pour y faire des affaipes de commerçe gu pour y perfection- ner la connaissance qu'ils ont acquise de panglais, qu' est du le petit nombre de mots anglais, qui, pour la plupart, appartiennent à la meilleure société et aux inventions mo- dernes; ce sout p. ex. comfort, comfortable, whist, spleen, inexpressibles roast-beef, roast-meat, beefsteack, portexr, ale, Hocks, steeple, steeple-

chase, sport, horserace, rum,(fr. rhum), punch, conserve, clown, groom,

midshipman, jockey, shrapnell; rail, tunnel, tender, coaks etc.; pick- pocket, whisky, dedective, Tory, Whig etc. On les écrit communément en français conformément à la prononciation anglaise: rostbif, bifteck, pouding, bol, chale etc.

D'autres ont passé d'abord par le français p. ex. pamphlet(de P'esp. papelete Zettel, on gaul. palme-fueillet, lat. palmae folium, ou de σ ꝙGνπννιοο brandstifterisch).

L'Italie a prévalu dans le domaine du commerce et dans celui des arts, surtout de la musique: Les florissantes villes commergçantes de Génes et de Venise devinrent les écoles modè- les pour les négociants d'Allemagne. II n'est donc pas étonnant qu' on ait adopté, avec la tenue des livres, les termes italiens usités dans le commerce: Tara(tare), conto (compte), netto(net), brutto(brut), agio(agio, surcharge), disconto(escompte) etc. Il en est de méême de la musique. Les Allemands faisaient si grand cas des compositeurs et coryphées musiciens d'Italie, tels que Palaestrina, Scandelli, Neri, Ranueini, Peri, Allegri, Scarlatti etc., qu'ils gardaient aussi dans leur langue les termes techniques italiens, quoique les Orlantus Lassus, les Moritz, les Bach, les Graun, les Hayd'n et toute la série de compositeurs distingués d'Allemagne, jusqu'a Mendelssohn et Beethoven, auraient pu les remplacer trèͤs-bien par des termes allemands. Les Français emploient ordinairement, comme les Allemands, les termes de la musique italienne: Piano, forte, allegro, con gra- vità, andante, lentamente, maestoso, con forzaà etc.

On reproche aux Allemands de manquer d'amour-propre et d'estime d'eux-mémes, attendu qu'ils sont allés chercher à l'étranger la dénomination d'une chose ou le mot d'une notion lesquels ils auraient pu trouver dans leur propre langue. On täche aussi de nos jours de faire disparattre autant que possible, les éléments étrangers, qui dénaturent en quelque sorte notre langue. Mais quelque louable que soit cette tendance, et quelques éloges que méritent les autorités qui secondent les efforts de nos hommes de lettres de substituer des

mots allemands aux termes étrangers, on ne réussira jamais à supprimer ces derniers

tout-à-fait. Bienqu'il soit facile de rendre par des mots allemands la plupart de ceux qui sont d'origine étrangère, il y en a beaucoup, pour lesquels on aura peine à trouver des expressions qui représentent la compréhension ou totalité des idées contenues dans le mot étranger. D'ailleurs il est à présumer que le nombre des mots étrangers accroit en- core à proportion de la facilité, par laquelle s'opère aujourd'hui la communication avec d'autres peuples. Aussi les personnes instruites dans les différentes langues en vogue,