Aufsatz 
Comment se rendent en francais les mots d'origine étrangère usités en allemand? / Becker
Entstehung
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Les mots d'rigine étrangère proviennent du français pour la plus grande partie; mais il y en a aussi beaucoup qui dérivent directement du latin, de l'italien, du grec etc.; et 168 voyagéfs KAvants öt 1es missionnaires nous ont méême pourvus de mots de presquo tous les pays, même peu civilisés, de la terre. Toutefois ces derniers ne changent guère quant à Torthographe; celle-ci s'adapte seulémnent à la prononciation française.

Si nous posons la question, pourquoi nous avons justement reçu dans notre langue tant de mots d'origine française, italienne, latine, grecque, etc., nous trouvons la réponse en interrogeant l'histoire de notre civilisation. Dans aucun pays de l'Europe on n'a cultivé les langues anciennes et les modernes avec plus d'application'et plus universellement qu'aux écoles et aux universités allemandes, et les fruits de ces études ne manquent jamais de se faire valoir tant dans les écrits que dans la conversation. De plus, par l'introduction du droit romain ou des pandectes, nöus avons mis à l'écart, comme étant sans valeur, nos bons droits particuliers qui étaient basés sur nos propres rapports, nos propres vues et opinions. Par cela les causes litigieuses étaient plaidées et jugées en latin, et'il fallait toujours désig- ner les différentes circonstances de la vie et les objets par des termes latins. Ajoutons à cela qu'on n'enseignait la philosophie, la théologie et la médecine qu'en latin et qu'on ne discutält les points contentieux qu'en latin. Tous les livres scientifiques étaient écrits en latin, les thèses, aux universités, soutenues, discutées et défendues en latin. Aussi n'entendait-on en Allemagne que des formes latines dans les différentes classes du peuple par tous les âges et dans toutes les cérémnies religieuses depuis le baptème jusqu'à l'enterrement. De naquit le latin du moyen âge, dont on a fait abonder notre langue.

Sous le règne de Napoléon le droit romain fut en partie abrogé et vemplacé par le code français. L'emploi de mots latins ou latinisés a encore été favorisé, dans l'histoire naturelle, par deux naturalistes distingués, le célèbre botaniste suédois Linné et le zoologue français Buffon: celui- a Gcrit en latin tous sés ouvrages pour rendre populaires les résul- tats de ses recherches et pour les répandre en tous lieux; celui-ci a du moins ajouté aux dénominations françaises les latines.

Lorsque nos princes, à l'instar ceux de France, instituèrent des armées permanentes et soldéés, ils introduisirent aussi, avec l'organisation militaire, les dénominations militaires de Pétranger. Nous reçümes des généraux, des adjudants(adjuvantes), des grena- diers(du fr. grenade, it. granata, lt. granatum, sc. malum, pomum), des lieutenants, une artillerie(du prov. artilh Schanze, prov. artilharia, pg. artelharia Wunfgeschüts, re. lat. ars), une infanterie(it.& esp. infante Kind, Bursche, Knecht), une Gendar- merie et une police(gr. tolerelc, lat. politia). Par P'entremise des Français, les Hon- grois nous fournirent leurs czakos(hongr. Csaké) et leurs huzards(hongr. huszar), les Polonais leurs Manen,(du pol. Ulan, turc oghlan Bursche, fr. lancier Lanzenträger,). Les rois français savaienf faire bonne chère et aimaient la pompeè et le luxe. Les rois et les seigneurs d'Allemagne imitèrent bientot léttts goCts et se repurent des délicatesses de la täble et des friandises. On trouvait chez eux de la fricassée, du hachis, du biseuit ete. On batissait des palais somptueux en imitant ceux de Versailles et de Paris ct les appelait mon bijou, mes délices, mon repos, ma solitude etc.; on m'y parlait que le frangais ét suivait les modeés et les usages françdis.

Les Réfugiés et les Emigrés, dont les premiers cherchèrent un asyle en Allemagne après la révocation de l'Edit de Nantes, les derniers pendant la première révolation, ont