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„True Use of Retirement and Study“,„Reflections upon Exile“, il déploie tout ce qu'il y a d'insolence, de mépris, d'attaques virulentes et honteuses contre les vérités les plus sacrées des chrétiens. La haute renommée de T'auteur, la clarté, la précision, la prégnance de ses idées, Tair positif et dictateur qu'il sait imprimer à ce qu'il dit— tout cela ne laisse pas d'imposer, particulièérement dans une époque où les esprits n'étaient que trop susceptibles de pareilles impressions. Malgré toutes ces grandes qualités, le noble Lord à aussi son faible; il néglige la marche méthodique, les barres du système parce qu'il se croit de beaucoup supérieur à ces règles communes et triviales qui ne sont inventées que pour les mortels mal timbrés. II lui suffit de se laisser aller sous les dictées de la nature, ce qui le garantirait du risque d'être superstitieux ou athéiste. L'introduction de ses„Essays“ nous prèésente- d'abord une lettre à Mr. Pope dans laquelle il parle avec pompe et ostentation de ses inten- tions, se plaçant au dessus des plus grands hommes anciens et modernes. II croit à la täche importante qui lui serait échue, de séparer la vérité du mensonge, le savoir de T'ignorance, les révélations du créateur des inventions de la créature, les dictées de la raison des bonds de Tenthousiasme; il ne s'agirait pas de moindre chose que de distinguer le pur et vrai déisme des mélanges profanes de l'imagination humaine, de pénétrer jusqu'au fond de cette erreur qui vient encourager notre curiosité, soutenir notre orgueil, fortifier nos préjugés et donner prétexte à nos illusions. Enfin, il faudrait absolument découvrir la véritable nature de Tentendement humain, jusqu'où il s'étend, à quel point il peut être regardé comme positif et où et pourquoi il commence à devenir fantastique. Tout cela ne tendrait qu'à faire dis- paraitre les visions brillantes de l'erreur et à accoutumer les hommes aux simples évidences de la vérité. Lord Bolingbroke nous raconte, qu'il y aurait peut-être peu d'hommes de lettres qui eussent consulté les auteurs, tant anciens que modernes, avec moins de précipi- tation et plus de docilité; que d'abord il s'était défié de lui-mêème et non pas de ses guides et maitres, hommes de la plus grande renommée; mais qu'à la fin il avnit été persuadé qu'on marcherait à pas plus assuré si l'on se fiait à soi-meme plus qu'à eux et qu'on avancerait mieux avec la lumière de son propre esprit que de suivre ces„ignes fatui“ des écoles.
Néanmoins il se propose d'ètre modeste et réservé et de ne pas toucher trop hardiment et brusquement aux vérités établies qui, quand méême il ne pourrait les approuver entière- ment, méritent cependant d'être estimées et ménagées parce qu'elles étaient amalgamées avec la vie sociale et les systèmes des gouvernements. Il blàme non seulement cet esprit hypo- crite et despotique qui porte le masque du zéle religieux, mais aussi cet esprit présomptueux de faction, apparaissant sous le masque de la liberté, qui, s'il réussissait, détruirait entière- ment et tout d'un coup T'influence salutaire de la religion en en sapant les fondements, jetés si heureusement par'éducation. Pour ne pas heurter ces extrèmes il nous promet de mar- cher au milieu, là où un homme de bien et un bon citoyen peut diriger ses pas.
Malgré toutes ces gentilles promesses, Bolingbroke ne fait voir ni modestie, ni modéra- tion, ni estime, ni respect, ni réserve, ni honte. II attaque indifféremment le Pentateuque et le Nouveau Testament. Il soumet les Sts. Apôtres et particulièrement St. Paul à une cri- tique aussi amère qu'injuste.
Les philosophes anciens et modernes sont des fous auprès de lui; Socrate, Platon, Aristote aussi bien que Ficinus, Dacier, Stillingfleet, Huet, Bochard, Grotius, Selden et


