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Puffendorf.„IIs ont,“ dit-il,„toujours une chose qu'ils embrouillent et confondent, dans la- quelle ils délirent et ne sont raisonnables que quo ad hoc.“— Ceest déroger à toute autorité, c'est détrôner la raison de tout le monde, pour la remplacer par la sienne propre. Mais c'était justement le principal but des écrivains déistes de ce temps. IIs maspiraient qu'à affranchir Pindividu de toute autorité historique, de bouleverser toutes les vénérables con- structions d'architecture religieuse et politique. Cet esprit négatif et dissolvant traversa bien- tôt le canal et fut reque avec un enthousiasme précipité en France. On connatt les liaisons de Voltaire avec Bolingbroke. Ces deux esprits sentaient une attraction réciproque, difficile à méconnaitre. Voltaire a presque partout copié son ami Bolingbroke, particulièrement dans les écrits qui attaquent Péglise et ses serviteurs. Comme lui il mest pas athéiste du tout, au contraire, il a plusicurs fois dit que, s'il n'y avait pas de Dieu, il faudrait inventer un tel. Comme lui, il ne nie pas l'immortalité de l'äme, mais s'exprime quelquefois d'une manière indécise et douteuse sur cette matière. Ses bons mots piquants, ses saillies honteuses, ses bouffonneries brutales sont tous dirigés contre le christianisme. Les„Essais sur les moeurs des nations“ gorgent de ces attaques directes et indirectes. Ce caractère négatif et déstructif se manifeste encore mieux dans les insolences stupides de Boullanger„Le christianisme dé- voilé“ comme dans les égarements bien souvent ridicules d'Helvétius. D'après ceux-ci Dieu n'est qu'une créature de l'imagination profondement agitée par Tangoisse ou la terreur; la morale n'est qu'un calcul raisonnable et un réglement conventionnel pour faire durer plus longtemps les agréables sentiments de homme matériel ou physique; autrement elle ne serait d'aucune valeur pour Thumanité. La vertu leur consiste seulement à subordonner T'intérèt particulier à Pintérèt commun.*)
En général la philosophie française du dixhuitième sibcle est un naturalisme accompli,**) la morale de ce siècle une morale des instincts; la source de toutes les connaissances ce sont les sens. Voltaire a introduit en France ce principe de J. Locke et depuis ce moment-là il est devenu le mot de reconnaissance de tous les innovateurs. Quant à lidée de Dieu, ce naturalisme français n'est point à confondre avec le spinozisme. II lui manque pour cela tout, hormis la substance étendue et indéterminable. Le spinozisme fait disparaitre le monde
dans Dieu, le naturalisme françnis Dieu dans le monde; celui-là est tombé dans Pacosmisme, celui-ci dans Pathéisme.
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*) Cf. Vauvenargues: Introduction à la connaissance de l'esprit humain.
—) Cf. Die Philoſophie Victor Coufin's, ihre Stellung zur früheren franzöſiſchen und zur neueren deutſchen Philo⸗ ſophie von Dr. C. Cberh. Fuchs.
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