Aufsatz 
Le déisme en Angleterre et son influence sur les littératures anglaise et française / H[ermann] J[osef] O'Brien
Entstehung
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Mais en Angleterre l'empirisme de J. Locke et le scepticisme de D. Hume maallaient en général, malgré leurs principes funestes, plus loin qu'au déisme. Le caractère profondement religieux du peuple anglais, son attachement fidéle aux coutumes et aux opinions de ses an- cêtres ne lui permettaient pas de détruire, en suivant ces erreurs, tous les fondements de la morale et de la religion. 5

L'expressiondéisme se trouve d'abord dans la préfation dédicatoire du second tome dePInstruction chrétienne publié par Viret en 1563. Viret y parle de quelques écrivains de son temps qui s'appelaient du nouveau nom de déistes, n'étant rien d'autre chose qu'un euphémisme paur athéistes. Parmi les premiers et les principaux déistes en Angleterre se présente Lord Edward Herbert, Baron of Cherbury, qui publia son premier ouvrageDe veritate à Paris en 1624. Plus tard il fit imprimer à LondresDe Causis Errorum avec un traité inscrit:De Religione Laici. Son ouvrage le plus renomméDe Religione Gen- tilium fut publié à Amsterdam en 1663. Herbert est suivi de Thom. Hobbes of Malmsbury dont les ouvrages ont eu une influence pernicieuse sur l'esprit public de son temps.

Après lui Charles Blount, Esquire, publia en 1680 une traduction des deux premiers livres de PhilostrateVita Apollonii Tynaei dont les notes fréquentes sont autant d'attaques aux véritées révélées, quoique le livre d'Hiéroclès, écrit dans le même but euũt déjà été suffi- samment et abondamment réfuté par Eusébius. Un traité qu'il publia en 1683 n'offre qu'une traduction de laReligion du Laique par Herbert.

The Oracles of reason, ouvrage publié par Charles Gildon contient les lettres de Mr. Blount et de ses amis, dans lesquelles leurs principes sont plus amplement déployés. Mais parmi tous les philosophes déistes anglais il m'y a pas un seul qui ait été plus admiré à cette époque que le comte de Shaftesbury. Son principal ouvrage, intitulé:Characteristics parut en 1711 en trois volumes, et plusieurs de ses lettres furent publiées en 1716 sous le titre:Several Letters written by a noble Lord to a young man in the University.

En Angleterre on n'a pas encore cessé de s'attacher à la lecture desCharacteristics et c'est justement par cela que les idées qui se trouvent dans cet ouvrage continuent de faire des impressions funestes à des esprits faibles et superficiels. Nombre d'auteurs ont marché sur ses traces, ont adopté ses maximes, ont proclamé ses principes. Cest principalement la doctrine chrétienne sur les récompenses et les chätiments qu'il attaque dans cet ouvrage.

L'an 1713 un traité bien singulier se publia en Angleterre, inscrit:A Discourse of Freethinking, occasioned by the Rise and Growth of a Sect called Frecthinkers. Lauteur en était Anthony Collins Esd., quoique ce livre füt publié sans son nom. Collins fait des efforts d'enfreindre la foi de limmatérialité et de l'immortalité de l'ame, mais il fut bravement refuté par le fameux Docteur Samuel Clark. Ce que Collins appuie le plus c'est utilité et la nécessité de réflé- chir librement sur les matières de religion, parceque, d'après lui, les livres de la Ste. Ecri- ture avaient été interpolés, mutilés et corrompus par la pieuse fraude des anciens pères de TEglise et du clergé qui les suivait. Mais on est suffisamment convaincu aujourd'hui qu'une altération et corruption des livres saints a été une chose impossible sous les circonstances de Fépoque en question et dans Fétendue que Collins accuse. Guidé par un passage, tiré de Victor a Tmuis, il dit que Tempereur Anastase avait ordonné la correcture et l'émenda- tion des Evangiles. Supposé que lempereur ordonnât en effet ce que cet écrivnin nous