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(16) lorsqu'on aurait jugé d’après la loi nouvelle, on eût prétendu que ç'aurait dû être d’après telle disposition du droit écrit, des ordon- nances, des édits, d’après telle maxime des arrêts ou de jurisprudence, dispositions ou maximes, eût-on dit, qui ne se trouvent point abrogées, certainement, et qui sont spéciale- ment applicables à la cause!.… Tel eût été le résultat, tel devra toujours être l'effet, du croi- sement de deux ou plusieurs législations. Car, n’en doutons pas, on eût creusé toutes ces différentes sources, tantôt pour y trouver des autorités pour éblouir les tribunaux, dont l’action fût devenue plus lente, tantôt pour faire infirmer ou casser les jugemens déjà rendus.
Demosthène disait que l’argent était le nerf de la guerre. Avec plus de raison, on pourrait dire ici que simplifier c’est donner du nerf aux lois et à l’ordre. Eneffet, les lois ne doivent pas seulement être appliquées par les magistrats; elles doivent sur-tout être respectées par tous, servir de règle de conduite à tous, et c'est là leur plus grand bienfait. Or, ce respect, ce bienfait ne peuvent avoir lieu, si, trop com- pliquées; trop nombreuses, mueltes, en un mot, pour le corps de la société, les lois ne
sont à la portée que d'un petit nombre d'initiés.


