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toutes règles constantes, devait rendre les droits et les devoirs incertains; introduire l'empire de la ruse et le éwmulte des passions, selon l'expression du sublime Portalis. La justesse de cette expression ne se trouve d’ail- leurs que trop bien confirmée par les propres témoignages de l’histoire. Quel est l'Etat qui n'ait pas été continuellement tourmenté par les contestations des citoyens entre eux; con- testations, querelles d'intérêts civils ou pri- vés, qui devenaient interminables lorsqu'elles éclataient entre le fort et le faible, et dont se mélaient les ministres et les rois eux-mêmes, et qui enfin finissaient par dégénérer en con- testations politiques, ou par être une des causes les plus invétérées de ces terribles dé- bats, entre la masse d’une nation qui veut nécessairement la justice, et quelques pri- vilégiés qui ne la veulent pas. Mais, outre les priviléges, ce qui contribuait le plus à accroître le désordre, c'était la confusion du droit public, du droit civil, mème du droit des gens ou diplomatique; en un seul amal- game informe et incohérent.
La mauvaise distribution de la justice, atta- chée à l'anarchie que l’on vient de retracer, telle était donc une des principales causes de cette
fièvre intestine, de ce désordre caverneux,


