(5) aujourd’hui on ne se faisait pas scrupule de la décider noir. On manquait d’ailleurs d’un tribunal régulateur universel.
Quel état, quelle législation! C'était propre- ment l’anarchie civile, le tombeau du droit et de l'équité. Le mal était d'autant plus invé- téré, qu'il se déguisait sous une forme de régularité. À voir un juge de parlement en- touré de plusieurs milliers d’in-folio de lois, d'ordonnances, d’édits, coutumes, arrêts. on eût réellement cru qu’il y avait une légis- lation. Erreur grossière. Hélas! si on les con- sultait, si l’on y regardait seulement, c'était moins pour y former son opinion d'après l’es- prit de la loi, que pour y trouver des textes propres à colorer celle qu’on s'était formée d'avance; et, à cet égard-là, on n’était em- barrassé que du choix.
Il faut convenir cependant que, sous ce rapport, la France n'était pas la plus malheu- reuse, et que les volumineuses controverses auxquelles cet état de choses devait donner lieu, y étaient heureusement /égéres, relati- vement aux masses érudites qui, chez ses voisins, encombraient les greffes, aux dé- pens de la sueur des malheureux.
Il est inutile de dire que cet-état d'infixité, cette absence de tout systéme déterminé, de
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