320 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIÉ
et compatissant, de soulager aussitôt, à aussi peu de frais; les besoins d’une famille, par la carte de soupe qu’il présente à ce père malheureux! Celui qui la donne, n’emporte pas l'inquiétude trop fondée de l'abus qu’on peut faire d’un secours en argent, ou la crainte que la commisération n’ait été déçue par une misère apparente.<
Il est notoire, et l’expérience le prouve journellement au comité général, que des différens moyens proposés et employés pour faire exister les pauvres, les secours en argent sont les plus
funestes de tous, parce qu’au lieu de soulager les besoins réels;:
ils neservent souvent qu’à faire naître et à satisfaire des besoins factices, tels que ceux des liqueurs fortes, tels que les perfides espérances des jeux de hasard, etc.; ce qui contribue à entre- tenir la fainéantise, d’où naît la mendicité..Ces distributions de soupes sont peut-être un des meilleurs moyens qu’on puisse em- ployer contre ce fléau des états.
Le comité général, persuadé qu’on ne sauroït rassembler assez de faits et d’observationssur un objet qui intéresse aussi essentiel- lement la subsistance journalière de la classe malheureuse, pense que c’est au temps, à l'expérience et à l’observation, qu’il appar- tient de prononcer sur le mérite réel des soupes de légumes; il n’a cependant négligé aucune occasion pour accueillir etfaciliter toutes les vues tendant à raultiplier les ressources de l'indigent. Il ne peut douter que ces soupes, considérées er elles-mêmes, ne réunissent des avantages incontestables;‘maïs, sous les rap- ports de secours à domicile, il ne partage pas l'opinion de quel- ques citoyens recommandables à plus d’un titre, qui prétendent que la distribution des soupes de légumes peut tenir lieu d’une grande partie des autres secours, et quoiqu'il ait déjà été ré-
pondu dans ce rapport à beaucoup d’ôbjections faites contre
cette soupe, voici, dans le nombre, celles qui ont paru dignes de l'attention du comité. Il convient de les présenter ici; nous n'avons aucun intérêt à déguiser la vérité. Le
On croit que la soupe de légumes, proposée pour les indigens; ne pourra être adoptée que dans un temps de disette, parce que c’est alors seulement qu’il faut s’occuper des moyens d’é- conomiser sur la nourriture et de diriger ses vues versles matières nutritives qui peuvent remplacer celles qui nous manquent.:,
Mais les temps de calamité existent continuellement. por l’homme qui, ayant beaucoup d’enfans à nourrir, ne peut suffire par son labeur à la subsistance de sa famille; et les temps d’abons dance n'arrivent jamais pour le pauvre, rarement du moins en


