Jahrgang 
51
Seite
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ET D'HISMOTRE NATURELLE: 318

Pourquoi auroient-elles des inconvéniens pour les Français, accou- tumés à une nourriture beaucoup plus végétale? A la vérité, on ne parviendra à dissiper tous les doutes qu'après des expé- riences et des observations répétées; mais ne dût-il résulter de l'usage des soupes de lésumes qu'une plus grande extension de la culture des pommes de terre, une épargne considérable de temps et de combustible, ce seroit toujours un$ervice signalé quelles auroient ren:lu à la France et à l'humanité entière.

Le four à pain, qui permet à un seul ouvrier de cuire, dans lespace dune heure, laliment. principal dun jour pour la nourriture de cinq cents personnes, est une de ces découvertes dont on na pas senti suffisamment l'importance. Les grandes marmites à soupe deviendroient, pour le moins, aussi utiles dans toutes les maisons dindustrie ou d'éducation; elles y opé- pe une économie considérable de temps, de bois et de main- œuvre.

Pourquoi le goût de la soupe de légumes ne se répandroit-il pas parmi les citoyens qui vivent du produit de leur travail? En la mettant sur leurs tables, on les apprivoiseroit avec elle, on les empêcheroit de regretter leur potage gras ou maigre, pres- que toujours inférieur en qualité. De foibles encouragemens- termineroient ces traiteurs populaires qui vendent de quoi tremper la soupe des ouvriers, à aller sapprovisionner de soupes de- gumes aux grandes marmites, ou à en préparer chez eux, et à en former le fonds de leurs cuisines.

On sait qu'à laide de quelques moyens adroîïts, on pourroit insensiblement parvenir à inspirer à lhomme dela confiance et le desir de faire ce quon a intention quil fasse pour son propre intérêt. Il faut, comme à Genève, lon a imité les établisse- meus de Munich, que les plus riches propriétaires se transportent dans le lieu lon distribue ces soupes, quils en mangent pu- bliquement avec les pauvies; il faut quils ordonnent ce qua fait le ministre de lintérieur, que ces soupes soient servies avec appareil sur leur tables, et quils les traitent comme un mets de prédilection pour la santé; il faut, lorsque les indigens vien- dront solliciter leur bienfaisance, distribuer à plusieurs dentre eux, comme un témoignage de satisfaction, quelque cachets de ces soupes, tandis quun autre nobtiendroit d'eux quun décime un morceau de pain, et paroîtroit moins bien traité.

Quand un citoyen est arrêté dans la rue par son semblable, qui lui fait entendre ces mots déchirans: Mes enfans et moi nous mourons de faim; quelle satisfaction pour lêtre sensible

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