ET DMHTIS TO PRE NATUREL LE: d217
ays, de toutes les conditions, et par conséquent de proscrire
s autres Soupes; mais nous croyons que la nature, l’expé- rience et la raison l’indiquent dans une infinité de circonstances où il seroit peut-être essentiel de la préférer. D'ailleurs c’est moins sur la composition de cette soupe que nous insistons, que sur le moyen de préparer en grand, avec le moins de temps et de frais possible, un aliment dont l'habitude nous à fait un besoin presque indispensable, qui réussit merveilleusement bien au premier âge et à la décrépitude.
Avant de porter un jugement sur la valeur réelle de ces soupes, nous prions les membres du comité de se transporter dans les cantonsles plus reculés des grandes cités, près des hommes courbés sous le poids accablant des travaux les plus pénibles, pour voir et goûter la soupe qu’ils préparent: ce n’est souvent que de l'eau chaude, assaisonnée avec un chétif morceau de lard, et dans laquelle nage un pain noir et compacte. Il n'y en a pas un d’entre eux qui ne préférât la soupe de légumes à son potage. Rendons moins indifférens les cultivateurs sur la possibilité d'ob- tenir d’une petite étendue de terrein une grande quantité de nourriture; montrons-leur àtirer un meilleur parti des ressources locales, et écartons de leur chaumière les maux dont lemanque de subsistance ou la mauvaise qualité sont presque toujours la cause,
D'abord il nous seroit facile de prouver que, dans les écrits publiés pour ou contre la soupe de légumes, on n’a saisi ni ses avantages ni ses inconvéniens. Cependant l'enthousiasme fat naître des contradictions; la critique trop sévère produit le découragement. Un examen approfondi de cette soupe nous a convaincus qu’elle ne mérite pas qu'on jette sur sa composition des soupçons alarmans; et à quoi serviroit l’analyse qu’on en feroit? Ne sait-on pas qu’une substance âcre ct médicamenteuse, une substance aromatique et vénéneuse, une substance douce et alimentaire| présentent absolument les mêmes phénomènes dans leur composition chimique? La cause qui fait aigrir en peu de temps la soupe de légumes, a bien une autre influence sur les potages à la viande.
.On ne peut douter que les moyens les plus assurés pour établir et faire connoître une ressource qui fournit, à aussi peu de frais; une nourriture salutaire, ne soient à la disposition des hommes placés à la tête des grandes administrations. C’est À eux qu'il ap- partient spécialement d'avoir une Opinion, et de donner l’impul- sion à l’activité générale; lesministres sur-tout doivent l'exemple
Tome LI. VENDEMIAIRE an 0. Ss


