+
EM D ENI STROMUR EL NN AREU RTL LE. Sid
broute Fherbe, être aussi furieux que le lion auquel les anhinaux qui tombent sous sa griffe servent de nourriture? Heureux ceux qui sont assez avantageusement placés pour pouvoir faire usage des différentes espèces d’alimens tirés des deux règnes, préparés, combinés et mélangés dans des proportions relatives au climat, à la saison et aux habitudes!
Quoique la nourriture végétale mérite souvent la préférence sur la nourriture animale, qu’elle porte beaucoup de fluide dans le sang et une acescence d’autant plus nécessaire, que la plupart du temps nos humeurs ontune disposition contraire, c’est-à-dire, une tendance naturelle à la putréfaction, nous sommes cepen- dant bien éloignés d'admettre uniquement l’une et de proscrire l’autre. 11 y a longtemps que nous avons dit que l’agriculture en France ne seroit prospère, qu'autant que la consommation de la viande augmenteroit des deux tiers, parce qu'alors nous pourrions nous dispenser de tirer de l’étranger une partie, de nos cuirs, de nos laines et de nos suifs, et que la masse des engrais, plus considérable, accroîtroit d’autant le produit de nos récoltes. Quelle honte pour notre patrie d’être ainsi tributaire pour des matières premières que le sol de la république peut fournir abondamment? Hâtons-nous de réparer nos fautes, ou plutôt celles de l’ancienne administration; et n’oublions jamais que la véritable richesse d’une nation consiste à avoir beaucoup à vendre ou à échanger, et peu à acheter.
De tous les peuples de l’Europe, le Français est celui qui consomme le plus de pain, et les soupes de légumes en opére- roient une grande économie. Le pain est un aliment cher; le froment avec lequel on obtient le meïlleur, a à supporter une manutention pénible; d'autant plus dispendieuse, qu’elle est con- fiée à un plus grand nombre d'hommes; et ce pain, qui a déja coûté tant de soins, de combustible, en coûte encore pour la préparation de la soupe, dont il détermine souvent la décompo- sition en s’appropriant une grande partie de sa saveur. Tout le monde connoît cet effet du pain mitonné dans le bouillon le plus chargé de gélatine, ce que ne produiroit pas la farine des grains de ceux auxquels la nature a refusé les propriétés panaires, si on se bornoit à l'employer dans la soupe comme dans celle de légumes, sans fermentation préalable.
Mais s’il est essentiel de diminuer la consommation du pain par l’adoption des soupes de légumes, il ne l’est pas moins d’aug- menter celles des ponmes deterre, puisqu'il est constant qu’un
arpent de ces racines nourrit deux fois plus d'hommes que la même


