Jahrgang 
51
Seite
315
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broute Fherbe, être aussi furieux que le lion auquel les anhinaux qui tombent sous sa griffe servent de nourriture? Heureux ceux qui sont assez avantageusement placés pour pouvoir faire usage des différentes espèces dalimens tirés des deux règnes, préparés, combinés et mélangés dans des proportions relatives au climat, à la saison et aux habitudes!

Quoique la nourriture végétale mérite souvent la préférence sur la nourriture animale, quelle porte beaucoup de fluide dans le sang et une acescence dautant plus nécessaire, que la plupart du temps nos humeurs ontune disposition contraire, cest-à-dire, une tendance naturelle à la putréfaction, nous sommes cepen- dant bien éloignés d'admettre uniquement lune et de proscrire lautre. 11 y a longtemps que nous avons dit que lagriculture en France ne seroit prospère, qu'autant que la consommation de la viande augmenteroit des deux tiers, parce qu'alors nous pourrions nous dispenser de tirer de létranger une partie, de nos cuirs, de nos laines et de nos suifs, et que la masse des engrais, plus considérable, accroîtroit dautant le produit de nos récoltes. Quelle honte pour notre patrie dêtre ainsi tributaire pour des matières premières que le sol de la république peut fournir abondamment? Hâtons-nous de réparer nos fautes, ou plutôt celles de lancienne administration; et noublions jamais que la véritable richesse dune nation consiste à avoir beaucoup à vendre ou à échanger, et peu à acheter.

De tous les peuples de lEurope, le Français est celui qui consomme le plus de pain, et les soupes de légumes en opére- roient une grande économie. Le pain est un aliment cher; le froment avec lequel on obtient le meïlleur, a à supporter une manutention pénible; d'autant plus dispendieuse, quelle est con- fiée à un plus grand nombre d'hommes; et ce pain, qui a déja coûté tant de soins, de combustible, en coûte encore pour la préparation de la soupe, dont il détermine souvent la décompo- sition en sappropriant une grande partie de sa saveur. Tout le monde connoît cet effet du pain mitonné dans le bouillon le plus chargé de gélatine, ce que ne produiroit pas la farine des grains de ceux auxquels la nature a refusé les propriétés panaires, si on se bornoit à l'employer dans la soupe comme dans celle de légumes, sans fermentation préalable.

Mais sil est essentiel de diminuer la consommation du pain par ladoption des soupes de légumes, il ne lest pas moins daug- menter celles des ponmes deterre, puisqu'il est constant quun

arpent de ces racines nourrit deux fois plus d'hommes que la même