Jahrgang 
51
Seite
300
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360 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE

de 21 mètres, bien au-dessous de la tourbe pyriteuse. Ces faits nous donnent lhistoire de cette substance noire, terreuse, in- flammable que lon a nommée avec raison tourbe pyriteuse.

Au lieu d'attribuer sa formation à des bois flottés, amonce- lés dans certains endroits par les courans ou autres circonstan- ces particulières, et précipités ensuite dans le fond des eaux, nest il pasplus naturel de croire que cette tourbe sest formée par la destruction successive des végétaux qui croissent en abon- dance dans les marais, et que ces végétaux ont existé dans les lieux mêmes la tourbe se trouve aujourdhui.

Cette opinion deviendra plus que probable si lon fait atten- tion que notre tourbe pyriteuse approche très-fort de celles que l'on a nommées /zmoneuses, quelle est comme ces dernières, noire, très-compacte, très-inflammable, formée en partie dans le fond des lacs et des marais par la décomposition des plantes, pénétrée dune dissolution ferrugineuse et contenant encore quel- ques vestiges de végétaux. Sans la présence du soufre qui la rend pyriteuse, elle ne différeroit presque en rien de ces tourbes limoneuses quon exploite dans certains marais.

D'après cet exposé, il est facile d'expliquer la formation de ces couches de marne limoneuse qui alternent avec la tourbe. Elles doivent sans doute leur existence à des rivières, à des torrens ou à quelques alluvions particulières qui, se précipi- tant des lieux élevés dans les marais, y ont déposé les portions d'argile et de craie enlevées aux terres sur lesquelles elles avoient dabord coulé.

J'ai dit que cette tourbe offroit dans certains endroits des couches assez considérables de charbons fossiles, sur-tout dans les lieux montueux, des troncs darbres, des bois fossiles ou

étrifiés. Il nest pas moins évident que ces vegétaux existoient

également dans le pays, et que les hauteurs sur-tout étoient cou- vertes de nombreuses forêts. Toutes les contrées incultes, peu ou point habitées, celles les hommes ne se trouvent point réunis en grande société, sont généralement couvertes de forêts et abondantes en marécages.[Amérique nous en fournit la preuve: ces forêts que l'on nexploite point se détruisent et se reproduisent delles-mêmes; elles augmentent tous les ans, par la chute de leurs feuilles, la couche de terre végétale; les arbres tombent successivêiment par vétusté, et forment, après un certain nombre de siècles, avec les plantes marécageuses, des couches très-épaisses de bois décomposés les uns en terreau, dautres en tourbe charbonneuse ou limoneuse, qui ont éprouvé js e