280 JOURNAL DE: PHYSIQUE /DETCHAMITE
il! et qui n’ont pas échappé à l'attention du grand Perrault(1). | Ils commencent dans les crocodiles, à la seconde vertèbre cer- vicale, et continuent jusqu’à la septième de la région du dos, pour donner l'insertion à de forts ligamens qui retiennent la tête par en bas au-dessous du condyle de l’occiput: les reptiles de Maëstricht en présentent de beaucoup plus forts que les cro- codiles ordinaires de Java, peut-être à cause que leurs têtes | étoient plus longues ou plus pesantes. Au moins les mâchoires inférieures de ces antiques amphibies ont eu jusqu'à 4 pieds de longueur, et leurs dents d’une substance entièrement solide, augrentoient les pesanteurs relatives.
| J’ai remarqué de même que les apophyses transverses sont || moins longues, situées plus obliquement et qu’elles présentent il aux articulations des côtes plus de surface. La partie annulaire des vertèbres ne semble pas non plus séparée de leur corps par des sutures longitudinales, ainsi que cela se voit dans les tortues franches et les crocodiles, soit que ces sutures échappent à la vue pour être bouchées par des particules terreuses, ou qu’elles n'aient pas existé, il n’en est pas moins vrai que notre animal fossile étoit du genre saurien, puisque l’iguane ne présente pas nou plus ces caracières particuliers.- À
( Un autre caractère décisif et généralement propre à toutes | les vertèbres qu’on trouve dans ces carrières, c’est d’avoir la surface antérieure de l’ariüiculation sensiblement concave; tandis que la surface articulaire opposée est convexe et fortement bom- bée; par le moyen de ce mécanisme la rotation des vertèbres et leur flexibilité est singulièrement augmentée. La nature avoit besoin de ces ressources pour faciliter les mouvemens et donner | cette grande souplesse qui caractérise les reptiles sauriens par l une agilité sans égale. Les flexions latérales et ondoyantes de pl leurs colonnes vertèbrales n’auroient pu s’exécuter avec des ver- fl tèbres à faces planes comme celles des mammifères, et parti- culièrement celles des cétacés. Dans ces dermiers même la nature | a multiplié les ressources de l’art pour empêcher que Îles vertè- |
|
bres ne s’écartent d’une ligne droite en assimilant leurs corps à des tronçons de colonnes, et en donnant à la partie plus élevée
(1) Descript. anat. d’un crocodile, page 571 des mém. pour servir à lhisi. naturelle,


