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304 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE
le vide pneumatique, ou d’une affection morbifique quelconque. Il paroît donc certain que les animaux morts de maladie» MÊME violente, ne sont plus susceptibles d’être apités par le moyen du galvanisme, ce qui s'accorde avecl’observation du citoyen Buniva qui a vu que l'électricité manquoit dans les chats malades, et avec ma théorie sur l'électricité animale(Journal de physique, mois de germinal et de messidor an 7), et sur les phénomènes de la torpille.
Si des observations nombreuses nous assurent que tous les animaux morts de maladie naturelle, ou par l'effet des poisons, ne donnent plus les phénomènes galvaniques, mais que pour les obtenir il faut tuer brusquement des animaux chez lesquels l'énergie vitale est très-considérable, vous conviendrez qu'ils ne sont point contre mon idée du vitalitomètre.
Quoique vous me voyez occupé de l'électricité animale en exa- minant les effets des poisons, des remèdes, des différens gaz, des divers degrés de la raréfaction de l’air commun sur les ani- maux, ne croyez pas que je sois dans le nombre des enthou- siastes qui voient l’action de l'électricité dans tous les phénomè- nes de la nature.
Depuis 1789 j'ai averti que l’électricité artificielle étoit nuisi- ble dans plusieurs maladies, dans lesquelles on en préconisoit l'usage, et j'ai réfuté la théorie de la guérison de lapoplexie, publiée par le comte Carli, qui ne voyant dans cette maladie qu'un torrent de l'électricité naturelle, qui se porte au cerveau, dit que de fortes ligatures au-dessus des genoux la guérissent; si lé ME est vrai, jai dit qu'il falloit en chercher une autre explication.
Dans ma physique je regarde l'électricité qu’on observe dans les éruptions volcaniques et dans les tremblemens de terre, comme un effet et non comme la cause de ces grands phénomè- nes. Vous voyez donc que ce n’est point la manie d’étendre l’ac- tion de l'électricité dans la nature, qui me fait défendre le vita- litomètre; mais le desir d’avancer la science, qui me paroît s’accorder avec la théorie que j’ai proposée de cet instrument 4 et avec les phénomènes galvaniques que j’ai observés.
Ainsi chaque fois qu’on tue un animal dont l’organisation n'est pas assez dérangée pour que les bornes de l'électricité posi- tive et négative naturelle dans ses différentes parties, soient renversées, on obtient les phénomènes galvaniques. Au con- traire, Si on tue un animal par le poison dont l'effet est de dé. truire l’organisation, ou si ce même animal est mort de maladie
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