39 JOURNAL DE PHYSIQUE,DE CHIMIE
pénétrer, et lui donner du mouvement. D’autres fois il a vu la matière verte sans animalcules.
Il observa dans cette matière verte une pellicule très-distincte, laquelle est semblable à celle des végétaux. Cette pellicule Tu paroît absorber le gaz acide carbonique, qui est dans l'eau, le décomposer, en absorber le carbone pour se nourrir, et laisser désager le gaz oxygène. Cette pellicule lui paroît être le corps fondamental de la matière verte, une espèce de rezeau ou de tissu.:
fl a observé, avec beaucoup de soin, les animalcules qu'on trouve ordinairement dens la matière verte, et ils ne lui pa- roissent pas différer de ceux des infusions ordinaires. Ce qui est certain, c’est qu'on ne voit pas toujours les mêmés animaux dans la matière verte. Il rapporte les expériences de Muller sur les animalcules d’infusion: et il fait voir qu’on retrouve à- peu-près les mêmes dans la matière verte.
Il fait encore voir que la matière verte examinée au micros- cope ne présente rien qui puisse la faire regarder comme un polypier ou une ruche de petits animalcules.
Il conclut de toutes ces observations, qu’il est vraisemblable, que la matière verte est un véritable végétal analogue à l’z/va intestinalis ou nostoch; que les animalcules qui se rencontrent le plus souvent avec elle ne lui appartiennent point, puisque la matière verte peut être sans animalcules, et que ces animalcules se trouvent souvent sans la matière verte. De sorte qu’à tous égards la matière verte et les animalcules paroissent être abso- lument indépendans: la matière verte doit être une plante dont se nourrissent les animalcules.:
La matière verte tenue dans l’eau à l’obscurité semble se dissoudre. Elle devient grise, blanche, et ne donne plus d’air lorsqu'elle est exposée au soleil.
L'analyse chimique de la matière verte prouve également qu'elle est un végétal; car ilena retiré de la gomme, dela résine, une partie colorante verte. On en a retiré, à la vérité, une petite partie d’ammoniac; mais plusieurs plantes en donnent à Vanalyse; et d’ailleurs cette matière verte contient presque tou- jours des’ débris des animalcules et d’autres animaux qui ont pu fournir cet ammoniac.
Sa conclusion est que, malgré toutes les probabilités, que la matière verte est une plante, il faut encore répéter les obser- vations et les expériences.
[l a ensuite porté ses recherches sur les conferves: il examine
l'opinion


