A D
50 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE: CHIMTE
dès qu’on approchoit le centre de l'arbre, l’eau sortoit en abon- dance, avec un bruit continu de bulles d’air qui montoient avec la sève, et crevoient dans Le trou formé par la tarière.
Saussure fils a publié des recherches sur l'influence du gaz oxygène sur la germination des plantes. La plupart des natu- ralistes, dit-il, qui se sont occupés de l'influence de l'air at- mosphérique sur la germination, ont reconnu que, lorsqu'on met des graines en contact avec de l’eau et du gaz azote pur, ces graines ne germent pas, et qu'il y a production d'acide car- bonique qui se mêlant au gaz azote, augmente le volume de l'atmosphère de la plante. Ils ont vu que quand on substitue dans l’expérience précédente le gaz oxygène au gaz azote, il y a également production de gaz acide carbonique, mais que l'atmosphère de la plante diminue ,.et que le gaz oxygène est absorbé.
Il a fait plusieurs expériences pour découvrir ce qui se passoit dans ses opérations. Voici ses conclusions:
1°. Le gaz oxygène atmosphérique n’est point absorbé par la graine dans l'acte de la germination, comme on a paru l’'ad- mettre jusqu’à présent; mais il est employé uniquement à foriwer du gaz acide carbonique, avec le carbone de la graine.
2°. La graine en serminatiqn par le contact de l'air atmos- phérique ne forme point de gaz acide carbonique de sa propre substance; mais elle ne fait que fournir une des parties consti- tuantes de ce gaz, savoir le carbone.
3, Elle fournit l'oxygène et le carbone de sa propre substance, dans le gaz acide carbonique qu’élle produit, lorsqu'elle n’est en contact qu'avec de l’eau et du gaz azote pur.
Quoique l’action que la végétation des plantes exerce sur l'air atmosphérique ait été examinée par un grand nombre de physiciens, elle laisse encore beaucoup à desirer. Spallauzani, que les sciences viennent de perdre, a aussi examiné cette ma- tière. Il conclut de ses expériences:
1°, Que les feuilles et les sommités des végétaux, lorsqu'elles sont dardées par le soleil, augmentent la proportion de gaz. oxygène de l’air atmosphérique.
2°, Que cette augmentation n’est pas aussi considérable qu’on avoit cru.
3°, Que les mêmes parties des végétaux diminuent le gaz oxygène pendant la nuit et les jours nébuleux, en les trans- formant sans cesse, quoique lentement, en acide carbonique.


