32 PRINCIPES RAISONNES
ment des tiges, leur multiplicité, qui fait que les blés versent, c'est souvent aussi la faiblesse de la plante et une disposition à la maladie. Car Pon voit souvent versé, le blé d'un champ quoique très-clair, tandis que celui du voisin, quoique très-épais, est demeuré debout. Un amendement de fumier trés-abondant, avec des labours mal exécutés et superficiels, des semailles excessivement épaisses, sont le plus ordinairement cause que les céréales versent; tandis que des labeurs exécutés avec soin, et profonds, des semailles qui se sont garnies en tallant, plutôt qu'elles n'étaient épaisses dans leur première période, préservent de cet inconvénient. Ici la tige a plus de force dans sa partie infé- rieure, la elle s'est élevée trop rapidement, et a obtenu sa longueur et peut- Gtre la force de ses feuilles, aux dépends de la force de sa tige; toute céréale qui se distingue par sa couleur jaune, annonce qu'elle a trop d'hydrogène en proportion de son carbonne, et par conséquent qu'elle est faible.
Ce que je viens de dire a principalement pour objet les céréales d'automne, cependant, dans le plus grand nombre de points, il trouve aussi son application aux grains de printemps. Les particularités de chacun d'eux se présenteront, lorsque nous traiterons de chaque espèce séparément.
§ 995.
Parmi les diverses maladies qui, quoique sous diverses formes, atteignent les céréales, ainsi que plusieurs autres plantes, durant la période de leur végétation, les suivantes sont les plus ordinaires et les plus remarquables.
5 994.
L'oanouissement ou la coulure, cette maladie fait que, tout-à-coup, les plantes prennent une couleur blanche ou jaune, comme à l'époque de leur complète maturité, et sèchent bientôt entièrement.
Cest en partie au haut de la plante, ou au haut de l'épi, que ce mal survient; occasionné quelquefois par des retours de froids ou des gelées blanches. Les ierrains exposés aux vents du nord et les places les plus élevées des champs, sont plus sujets à ce mal; mais on le voit plus souvent dans les terrains humides, et plus encore dans les champs entourés de bois, où des vapeurs glacées viennent se déposer en plus grande abondance, et exercent une action mortelle sur les jeunes épis, en leur faisant éprouver un froid subit.
Sur des terrains secs, qui sont d'une grande chaleur lorsque le besoin de pluie se fait senur, Pon voit une autre maladie du méême genre, mais qui atteint toute la plante. Cette maladie ne se borne pas seulement aux terrains les plus sa- plonneux, elle se manifeste plus encore dans des champs qui ne sont labourés que superfciellement, mais qu'on ne laisse point en repos, et qu'on fume


