206 PRINCIPES RAISONNÉS
on est réduit à se servir de divers instrumens à bras ou à main; alors on pile le gypse dans des mortiers et dans des auges, on le broie avec les machines destinées à dépouiller le millet ou à faire l'huile de colza, ou bien on le brise dans une longue auge, dans laquelle on fait mouvoir une meule de moulin usée, que, pour cet effet, on place dans son sens vertical. Lorsque le gypse a été ainsi broÿé, si l’on veut qu'il pro duise beaucoup d'effet, on le passe au tamis, puis on remet sous la meule les parties qui n’ont pas été#ssez pul- vérisées. Le plâtre préparé de cette manière doit être conservé dans un lieu sec, afin qu’il n’absorbe pas l'humidité qui pourrait lui rendre en parue son ancienne adhérence.
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Pour épandre le plâtre on choisit un jour où il ne fasse pas de vent, et où la rosée ait été très-forte; on l’éparpille à la main, le matin de bonne heure, ou le soir tard, surtout sur le trèfle, afin qu’il s'attache aux feuilles de cette plante, qui alors sont ordinairement humides. Il faut absolument éviter d’épandre cette espèce d'engrais lorsqu'il y a beaucoup de mouvement dans l'air, ou que le tems estpluvieux. Le plâtre nesemble jamais produire plus d'effet que lorsqu'on l’'épand sur un trèfle déjà assez avancé dans sa végétation, pour que ses feuilles couvrent passablement le sol. Le plus souvent c’est donc au commencement de mai que ectte opération doit avoir lieu. Cependant quelques personnes se sont bien wouvées d’épandre aussi du gypse en automne sur le jeune trefle de l’année. Souvent on en sème après la première coupe afin d’accélérer la végétation de la seconde; il arrive alors frèquemment que celle-ci produit plus que la première, quoique sans cela ce dut être le contraire.
_ La quanuté de plâtre qu'on épand sur un journal varie entre un et deux scheftels. S'il est parfaitement pulvérisé, la première quantité suffit; s’il en est autrement, il faut en mettre une plus grande quantité.
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De tous les essais que j'ai faits ou dont j'ai eu une connaissance positive; il n’en est aucun dans lequel leffet produit par le gypse ne se soit montre évi- demment; lors du moins que ces essais avaient été disposés avec les précautions convenables et n’avaient pas été dérangés par des pluies inattendues, ou des accidens de température. Je n'hésite donc pas à recommander l’emploi du gypse comme moyen d'augmenter l'intensité de la végétation du trèfle, partout où l'on peut se procurer cettesubstance àun prix tel qu’il n’en coûte pas au-delà d’un rixdaler huit gros, pour donner à un journal un scheffel et demi de gypse bien
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