204 PRINCIPES RAISONNÉS
En revanche l'emploi du gypse comme engrais, se propagea beaucoup en France, surtout dans les environs de Paris, et de là en Amérique, où, dans les premiers momens, on le faisait venir de Montmartre en grandes car- gaisons. Nulle part l’usage du plâtre ne s'est propagé aussi rapidement que dans les diverses provinces du Nord de l'Amérique, et nulle part il n’a trouvé moins de partisans que parmi les culüivateurs anglais. Dans mon ouvrage sur Vagri- culture anglaise, j'ai donné pour raison de cette circonstance la quantité de parties calcaires dont le sol de la plupart des provinces de l'Angleterre est rempli paturellement ou artificiellement; mais j'étais dans l’erreur, puisque le gypse produit également son effet, lors même que les terrains sur lesquels on Vépand contiennent des parties calcaires, et que cet effet est également très- sensible dans des contrées où il y a beaucoup de roche gyspeuse et où, par conséquent, le sol contient, suivant toutes les apparences, beaucoup de parti- cules de gypse. Peut-être le préjugé qui existe en Angleterre, contre tout ce qui vient de France et peut-être aussi d'Allemagne, ferma-t-il les yeux aux cultivateurs de ce pays: c’est aux préceptes des Américains seulement qu'ils paraissent s'être rendus.
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On ne peut contester que dans les expériences faites pour constater Îles qualités du gypse, dans son emploi comme engrais, on ne trouve des contra- dictions apparentes, et il est certain que ses effets sont modifiés par diverses cir- constances qui n’ont point encore été suffisammentapprofondies. Le gypse produit plus d'effet sur les terraius secs que sur les humides, et dans les tems secs que dans les tems pluvieux. Une température aqueuse tout au moins arrête ses effets, elle paraît même les supprimer tout à fait, surtout lorsque le gypse a été cal- ciné: celui-ci ne produit aucun effet sur un terrain épuisé qui ne contient que peu ou point d'humus’, il n’a qu’une influence très-peu sensible sur la végétation de plusieurs plantes, tandis que sur d’autres, il en a une tres-grande. Du nombre de ces dernières sont toutes les plantes à fleurs légumineuses et crucifères. Le gypse agit sans aucun doute sur les plantes elles-mêmes, et par conséquent avec plus de force, lorsque sa poussière s'attache aux feuilles et y demeure long-tems. J'ai remarqué cela d’une manière Wwès-convaincante sur une haie d’aubépine, dont un côté légèrement couvert de poussiere de plâtre poussa vigoureusement au hout de huit jours, tandis que l’autre côté qui n’avait point été atteint par le plâtre, resta de beaucoup en arrière. Le gypse n’opère cependant pas uni- quement de cette manière, comme je l'avais cru au premier abord; il agit aussi sur le sol, ainsi que j’eu ait été convaincu par une expérience récemment
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