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la théorie à la pratique, la science à l'exécution. Jusqu'ici la théorie de l'agriculture n'a guère occupé que ceux qui avaient peu de pratique et peu d'occasions de faire des observations et des ex périences. Au contraire, les praticiens n'avaient que leur culture particulière devant les yeux; ils connaissaient trop peu les expériences des autres, et les découvertes des naturalistes; et comme, outre cela ils manquaient de connaissances mathématiques, logiques et de langue, ils s'égaraient aussitôt qu'ils sortaient de la sphère, plus ou moins circonscrite, dans laquelle ils étaient renfermés.
BASES DE LA SCIENCE.
§ 14.
LaA science de l'agriculture repose sur Pexpérience; on ne peut exiger d'elle que les choses qui appartiennent à une science pratique. Ses premiers principes naissent des perceptions des sens; mais si même l'expérieuce toute entière était le résultat de ces perceptions, ses développemens n'en seraient pas moins le résultat de la science et l'ouvrage de l'entendement. § 15.
Au reste, déjà Pexpérience n'est pas le résultat uniquement des percepuions des sens; elle suppose aussi la réflexion et l'analyse des perceptions. L'idée de la cause, celle qu'un objet donne naissance à un autre, est le fondement de toute evpérience. Il en résulte que toute exporience est à la fois le fruit des perceptions des sens et de Paction de l'entendement.
C'est aussi le propre de Phomme le plus grossier, de s'enquérir au développement des faits de la cause qui les a produits. La cause d'un objet doit être l'effet d'un autre, et celui-ci, à son tour, doit avoir eu une cause. Ainsi l'homme se crée par la pensée un enchainement de causes aussi étendu que possible, et il saide souvent de son imagination pour le prolonger, jusqu'à ce que se perdant dans Timmensité, il ne trouve plus de cause à assigner à celles qu'il avait lui-mèême imaginées. Cette dernière cause, nous l'appelons cause première, force motrice, et nous la faisons nattre de la nature, de la divinité. Mais la cause que nous croyons première n'est autre chose que la limite de notre entendement: souvent celle qu'on a cru premier moteur ne se trouve ensuite que l'effet de causes plus relevées.
De la fréquente union ou de la succession des objets ‚ nous concluons qu'un fait est la conséquence ou la suite d'un autre, et c'est ici la source du plus grand nombre d'erreurs, en ce que trop facilement nous sommes disposés à envisager ce qui arrive comme un effet de ce qui Pa précédé. Malheureusement on n'a point encore d'ndice positif et général pour distinguer ce qui est simplement P'effei de la succession du tems, de ce qui est produit par une autre forœe motrice.
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