DE CRIGNON. 9
avec le plus de perfection, ont fait. connaître les meil- leures doctrines ct les pratiques les plus certaines, sem- bleraient être à même d’obtenir de bons résultats; mais ils rencontrent à leur tour de grands obstacles: manquant d'expérience et privés des connaissances positives qui les mettraient à portée de modifier les applications, en rai- son des différences locales, il leur.est souvent impossible d'établir la distinction à faire entre ce que les objections des praticiens peuvent avoir de fondé, et les vieilles er- reurs entretenues par les habitudes et les préjugés.
De grandes difficultés proviennent aussi de l’impossi- bilité de trouver des agens secondaires qui s’astreignent à une pratique fidèle des innovations introduites dans l’agriculture perfectionnée.
Enfin, rien n’est plus rare que la réunion de l’instruc- tion et de l’expérience, et cette réunion peut seule cons- tituer un bon agriculteur.
L’instruction qu’exige une culture raisonnée est fort étendue, parce que les travaux agronomiques sont des applications continuelles de plusieurs sciences et d’un grand nombre d’arts.
La nécessité de la réunion de ces connaissances, pour le succès des améliorations, n’est pas encore assez ap- préciée en France, parce que, pour la reconnaître, il faut déjà posséder un certain degré d’instruction et l’ex- périence des difficultés à vaincre: aussi voit-on les peuples qui sont les plus avancés en culture, poursuivre avec le plus d’ardeur les études des sciences et des arts qui s’y rapportent.
Il estdigne de remarque que des hommes très- dis- tingués, qui par l'habitude de grandes combinaisons


