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Le mot pecten, qu'on trouve dans Columelle, désigne le même instrument dont Varron parle sous le nom de batillum. Altero modo metunt, ut in piceno ubr lignum habent incurvum batil- lum, in quo sit extremo serrula ferrea. Hæc cum comprehendit fascem spicarum, desecat et stra- menta stantia in segete unde tollantur in acer- Vu.
Le pecten était un peigne à une rangée de dents ou même à plusieurs, que l’ouvrier tenait à la main au moyen d’une poignée, ainsi que nous le représentons,(figure 5o c).Il était aussi employé dans les Gaules pour larécolte du panic et du millet. Panicum et milium singulatim pec- tine manuali legunt Galliæ. Pline, lv. 16, cap. 30.:
Le batillum était une petite pelle recourbée, à poignée ou plutôt à manche très-court. L'extré- mité opposée au manche était garnie de dents en fer, et formait une espèce de peigne comme dans le précédent; voyez(figure 5 1).Louvrier le faisait agir d’une main; il arrachait les épis, ou il les faisait tomber dans un panier en coupant la paille avec une faucille.{1 paraît aussi que la base des dents était armée d’une lame tranchante qui coupait la paille, ainsi que l'indique le mot desecat. La pelle, proprement dite, servait à retenir les épis lorsqu'on les avait détachés de leur tige, Une petite charrette légere, ou plu- tÔt un panier monté sur quatre roulettes» que louvrier traînait après lui, servait à recevoir les épis. Spicas conjiciunt in corbem, atque tn aream mittunt. Columelle, 41 c. 49.
On trouve dans Palladius et dans Pline la des- cription d'une méthode et d'un instrument pour la récolte des blés, usité chez les Gaulois; voyez la( figure 52). Voici comment s'exprime le. pre- mier de ces auteurs, liv. 7, tit. 1, sect. 2: Pars Galliarum planior hoc compendio utitur ad me- tendum, et præter hominum labores, unius bo- vis opera spatium totius messis absumit. Sit taque vehiculum, quod duabus rotis brevibus fertur. Hujus quadrata superficies tabulis munitur quæ
Jforinsecus reclines in summo reddant spatia lar-
giora. Ab ejus fronte carpenti brevior est altitudo tabularum. bi denticult plurtmi ac rari ad spi- carum mensuram constituuntur in ordinem, ad superiorem partem recurvi, À tergo vero ejusdem pehiculi duo brevissimi temones figurantur, ve- lut amites Bastenarum. Ibi bos capite in ve- hiculum verso, jugo aptatur et vinculis, man- suetus sanè, qui non modum compulsoris exce- dat. Hic ubi vehiculum per messes cœpit impel- lere, omnis spica in carpentum denticulis com- prehensa cumulatur, abruptis et relictis paleis. Altitudinem vel humilitatem plerumque bubuclo
moderante, qui sequitur; et ita per paucos itus et reditus brevi horarum spatio tota messis imple- tur. Hoc campestribus locis et æqualibus utile est et üs, quibus necessaria palea non habetur. « On fait usage, dans les plaines de la Gaule,
« d'un appareil au moyen duquel un seul bœuf
« peut terminer une récolte entière. C'est un « chariot porté sur deux petites roues. Ses « quatre côtés sont fermés par des planches « dont l'inclinaison présente une plus grande « capacité à la partie supérieure. Le côté anté- « rieur, moins élevé que les autres, est armé de « dents relevées par en haut, et assez rappro- « chées pour arrêter les épis. On ajuste sur le « derrière deux courts brancards, pareils à ceux « d'une litière. C'est à ces brancards qu'on at- « tache le joug ou collier du bœuf. Cet animal, « qui doit être doux et obéissant à la voix de « son conducteur, a la tête tournée contre le « char. Lorsqu'il pousse le char, la paille s'en- « gage entre les dents, se rompt, et abandonne « les épis. Le bouvier qui dirige l'opération «_ élève ou abaisse les dents selon qu'il est néces- « saire, et en parcourant ainsi successivement « la superficie du champ, il en récolte tout le « grain dans l’espace de quelques heures. Cette « méthode est utile dans les plaines et dans les « lieux où l’on n'a pas besoin de conserver la « paille».
Pline est plus concis en parlant de la même opération: Galliarum latifundis, dit-il, 1. 18, C. 9, 9., valli prægrandes dentibus in margine infertis duabus rotis per segetem impelluntur, Jumento in contrarium juncto; ita direptæ in val- lum cadunt spiæ.«Dans les vastes champs des « Gaules, on conduit à travers les moissons « des voitures à deux roues attelées d'un ani- « mal sur le derrière, et garnies de longues dents « sur le rebord antérieur. Les épis se trouvant « ainsi arrêtés, tombent dans la voiture».
Les deux passages cités nous donnent une idée assez juste de la méthode employée par nos ancêtres, quoique nous ne trouvions la re- présentation de ce char parmi aucun monu- ment de l'antiquité. J'ai cherché à y suppléer, en donnant la figure sous le n° 52. On y voit cette espèce de charrette ou tombereau léger, garm sur le devant de dents en fer, relevées, et for- mant un angle de 20 à 22 d. avec l'horizon ad superiorem partem recurvi. Tandis qu'il est poussé en avant par le bœuf, les tiges de blé s’enga- gent entre les dents, les épis sont attirés sur le bord du chariot, à la base des dents; elles se détachent par l'effet de l'impulsion, et elles tombent dans le chariot. Le conducteur, por-
ant un petit rabeau à la main. facilite leur t j


