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octoni boves ad singulos vomeres anhelent, PI, dl 1x0,€. 47.
Après avoir parlé des instrumens de labour, il est à propos de décrire la manière dont les anciens attelaient les animaux à la charrue. On sait qu'ils préféraient généralement, pour ce travail, le bœuf aux chevaux, aux mulets et aux ânes, quoique ces animaux, et même les vaches, fussent employés dans quelques cir- constances. De là vient l'adage latin, equus in quadrigis, in aratro boves.
Plutarque a dit, d'après Hérodote, que les anciens Égyptiens jetaient la semence sur leurs champs aussitôt que les eaux du Nil s'étaient retirées, et que pour recouvrir la semence, ils y lâchaient des troupeaux de cochons qui foulaient et retournaient la terre avec leurs pieds et leurs museaux. On a cherché à prouver ce récit en citant l'exemple des habitans de l'ile de Timon, qui font piétiner leurs rizières par des troupeaux de buffles. Mais les circonstances et le but qu'on se propose dans les deux pays, diffèrent totalement. Les Egyptiens jettent la se- mence sur des terres encore fortement humec- tées après la retraite des eaux du Nil. Des trou- peaux de cochons, non-seulement ne souleve- raient pas le sol avec leur grouin, et n'enter- reraient pas les grains, mais au contraire les dévoreraient; tandis que dans les rizières qui sont fangeuses, et couvertes de quatre décimètres d’eau, les troupeaux de buffles, par le piétine- ment, divisent la terre, la mêlangent avec l’eau, et produisent à peu près le même effet qu'une charrue qui remue un terrain innondé.
Les anciens attelaient les bœufs par le cou ou par les cornes, comme cela se pratique de nos jours. Cicéron, qui était plus habile en éloquence qu'en histoire naturelle, prétend que le cou des bœufs est formé pour lejoug, et leurs larges et fortes épaules, pour tirer la charrue. Cervices autem natæ ad jugum; tum vires hu- merorum et latitudines ad aratra extrahenda. Ce passage prouve au moins que les Romains attelaient généralement les bœufs par le cou. Columelle, en parlant des deux méthodes, ap- prouve cette dernière, et donne, avec beaucoup de sagacité, les raisons de son opinion, qui était partagée par tous les bons agriculteurs de son temps: Plus enim, dit-il, queunt pecu- des collo et pectore conari quam cornibus.
Pline nous apprend que les vaches des Alpes, qui produisaient beaucoup de lait, quoiqu'elles fussent assujetties au travail, étaient attelées par les cornes et non par le cou. La manière de fixer le joug sur le cou des bœufs était aussi variée chez les anciens que parmi nous.
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Nous donnerons( /19. 44), pour modèle de joug antique, celui qui est représenté parmi les peintures du Térence du Vatican. M. Mon- gez croit fquil est de l'espèce de ceux qu'on mettait sur le cou des animaux. La largeur et la forme des deux courbures qu'il porte à ses extrémités me paraît plutôt destinée à être ap- pliquée sur le front des bœufs que sur leur cou. On pourra en juger par la figure 45, qui représente celui dont on fait usage aujourd'hui dans la campagne de Rome, et qui s'adapte sur le cou de ces animaux. Il a une longueur de 162 c. m., c'est-à-dire 13€. m. de Aen B, 20 de Ben GC, 27 de C'en D,'errrde Den EF Son épaisseur est de 13 c. m. et sa largeur de 10. Deux morceaux de bois retenus sur le joug par une corde, et réunis par un lien dans la partie inférieure, font la fonction de collier. Le joug de Toscane diffère peu de celui de Rome; il s'assujettit contre le cou des bœufs avec une plaque en fer d'un côté et une corde de l'autre. On se sert de cordes dans d’autres endroits. Les anciens Romains et les Grecs em- ployaient à cet usage de larges couroies. Mais on doit toujours préférer les colliers qui ne fa- üguent pas les animaux comme le joug, et qui ne portent que sur le sommet du cou. Nous don- nons( /z3. 46) un joug antique qui s'appliquait sur le cou, et qui se fixait par des courroies. Il est tiré d'une peinture d'Herculanum, où il est employé à l’attelage de deux cerfs.
Nous allons parler des instrumens relatifs aux récoltes de grains, et à leur battage. Les pre- miers cultivateurs, qui vivaient dans des climats tempérés, et qui trouvaient dans toutes les sai- sons de vastes pâturages pour la nourriture de leurs troupeaux, négligèrent de recueillir les pailles; et se contentèrent des épis qui devaient servir à leur nourriture. Les monumens de la plus haute antiquité nous offrent en effet des moissonneurs qui coupent les épis, et laissent la paille dans les champs. Cette opération se trouve représentée fidélement dans une peinture de l’ancienne Elethyia en Egypte( /:g. 46).
Les hommes, qui avaient d’abord employé une lame ordinaire ou un couteau pour couper les tiges de blé, ainsi que le prouve un passage de la vie de Cléomène par Plutarque, trouvé- rent que ce genre de travail devenait plus ex- péditif en donnant une courbure à la lame, et en y adaptant un manche incliné. Ils reconnu- rent ensuite qu une courbure demi- circulaire était encore plus favorable. On retrouve cette forme( Voy. fig. 47), sur le revers d’une mé- daille d’un des rois des Lagides, publiée par Pellerin. Enfin on découvrit qu'une lame à dent


