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nombre de graminées, de cypéracées, de lotiers et de plusieurs plantes salées, telles que le chénopode maritime, les salicornes, les soudes, les arroches, l'inule, etc. Ce pâturage, abondant, n’est sain que dans les cas où’le Rhône n’a pas versé et déposé son limon à sa surface(car alors il cause d’épou- vantables épizooties de pourriture); il est partagé entre les brebis, Les chevaux et les bœufs; mais les brebis y sont pourtant la principale branche des revenus du fermier.
Au levant de la ville d'Arles, se trouve la plaine de la Crau, vaste étendue de cailloux roulés, mêlés d’une petite quantité de terre rougeûtre, et éta- blis sur un poudding impénétrable. Le pâturage que présentent les interstices de ces cailloux(sub quibus gramen exoritur, à quo pecoribus suppedi- tatur ubertas)(1), est d'autant meilleur, que la couche imperméable est plus éloignée de la sur- face. Les herbes que présente le terrain sont sè- ches, maistrès-nourrissantes: ce sont en général différentes petites graminées. Cette plaine est ab- solument aride en été; en hiver, elle est chargée de bétail. Selon lecalcul de Lamanon(2), elle con- tient vingt-sept mille hectares et cinquante-cinq
(:) Strabon, lib. 1v. (1) Annales des Voyages, t. WI, P- 301 et 302.


