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Essai sur les propriétés médicales des plantes, comparées avec leurs formes extérieures et leur classification naturelle / par A. P. Decandolle
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(24) qui offraient un cer tain nombre de caracteres communs sem- blables; on a fait ensuite le même travail sur les genres, et on les a groupés en familles, daprès des principes analogues. Lorsque les auteurs de ce vaste travail ont voulu faire passer leurs résultats dans l'esprit des autres hommes, ils ont été obligés, pour la rédaction de leur ouvrage, de ranger les espèces dans les genres, et les genres dans les familles, d'apres une série continue: de cette méthode, peut-être nécessaire pour létude, il est résulté que plusieurs natu- ralistes ont cru que les êtres naturels formaient réellement une chaîne ou série continue les genres et les familles formaient seu- lement des points de repos; on sest même confirmé dans cette idée, en croyant reconnaître une semblable série dans le règne animal. Mais la nature ne marche point comme nos livres; chaque être se trouve réellement placé entre un certain nombre dautres êtres avec lesquels il a plus ou moins de rapport; et le seul moyen de nous faire une idée de cette disposition, est de nous représenter les êtres natu- rels placés, non en série, mais sur une carte géographique. Cette idée, indiquée par Linné, développée par L'Hénitier et Petit-Thouars, incomplètement exécutée par Gisèke et par Batsch, nest en ce mo- ment pour nous quune métaphore propre à jeter du jour sur la question qui nous occupe; imaginons cette carte exécutée: les es- pèces sont les bourgs; les genres répondent aux provinces; les fa- milles sont les empires; les classes sont analogues aux parties du monde, et les plantes encore isolées sont représentées par des îles éloignées de tout continent. Si, dis-je, cette carte exécutée complèe- tement paraissait devant nous, la première chose qui frapperait nos regards, comme dans une vraie carte géographique, serait que dans certains empires ou dans certaines provinces, les bourgs sont très- rapprochés les uns des autres, tandis que dans d'autres nous les ver- rions tres-éloignés. Cet éloignement tient, comme dans la géographie, à deux causes: ou bien à ce que les êtres intermédiaires sont encore inconnus ou bien à ce que la nature a réellement laissé dans lordre des êtres, et, des espaces vides, tout comme elle a laissé sur le globe,