(89 cale, quoique la plus immédiatement utile parmi les connaissances humaines, est l’une des plus éloignées de la perfection; en effet, cette perfection n'aura lieu que lorsqu'on pourra résoudre ce problème: Etant donné un être naturel quelconque, déterminer& priori l'effet que chacune de ses parties aura sur le corps humain, lorsqu'elle y sera appliquée dans des circonstances données?
Les premiers essais ont été pendant longtemps des expériences faites au hasard, et la science ne consistait que dans le recueil de ces faits détachés. Ce n’est véritablement que dans les derniers siècles qu'on a cherché à lier par certains principes les faits nombreux que l'expérience avait constatés ou que les traditions avaient trans- mis. Ces principes, ou pour revenir à ma première idée, ces moyens de déterminer d’avance l'effet d’un médicament peuvent se classer sous trois chefs généraux; les qualités sensibles, la composition chimique et l’analogie naturelle. Sans vouloir ici comparer ces trois moyens qui, subordonnés à l'expérience, peuvent conduire à la vérité, je m'’attacherai seulement à développer ce qu’on peut at- tendre du dernier; je ne ferai même cette recherche que relati- vement au règne végétal, parce que les expériences médicalesont été plus multipliées sur les végétaux que sur les deux autres règnes, et que la solution de cette question, relativement à l’un des deux règnes organisés, conduira facilement à un résultat analogue pour l'autre regne.
La plupart des auteurs anciens paraissaient croire que les plantes qui se ressemblent par leur forme extérieure, se ressemblent aussi par leurs propriétés; on peut du moins le présumer, d’après l’ordre dans lequel ils distribuent le plus souvent leurs médicaments, et d’après les comparaisons qu’ils ont contume d'établir entre eux; le premier naturaliste-médecin qui ait énoncé clairement cette opi- nion est Camerarius, auteur d’une dissertation de convenientia plantarum in fructificatione et viribus( Tubing. 1699); de- puis lors, cette opinion est devenue en sujet de controverse ha- bituelle, parmi les Médecins et les Botanistes; les uns, tels que
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