66 NOTICE mèche, et en font cinq tas de qualités différentes,
savoir: 1° l’extra-blanche; 2° la superfine; 3° la fine;
4° la grosse; et 5° l’extra-grosse. Les laines ainsi pré-
parées sont lavées une seconde fois dans des lessives alcalines chaudes; on en fait des cordons qu'on tord pour égoutter. Les peigneurs prennent ces cor- dons encore humides, les ouvrent, les passent dans les triples dents d’un peigne successivement présenté sur un brasier ardent, et trempé dans une jatte pleine de beurre. Le peigneur enlève les flocons de laine, les nœuds, la poussière et tous les corps étran- gers; il dispose les brins dans leur longueur et opère une première préparation ou filature.
Les poignées, qu'on nomme peignons, d’un mètre de longueur, du poids d’une livre environ, grosses dans le milieu, effilées dans les bouts, sont expédiées sous cette forme aux négociants de Reims, de Beauvais, d'Amiens, qui les font filer dans les campagnes environnantes.
Jusqu'ici ces laines étaient filées à la main, pas- saient par vingt personnes et parcouraient plusieurs fois les mêmes routes dans plusieurs départements avant d'arriver du producteur au consommateur.
Ayant reconnu qu'en Angleterre le peignage et la filature de la laine longue se font plus vite, beaucoup mieux et à meilleur marché avec des ma- chines, et que c'est en partie par l’économie que donnent ces procédés que l'Angleterre s’est empa- rée du monopole du commerce des étoffes de laine; j'ai proposé à un de mes amis d'élever une grande filature de laine, et d'y employer les ma- chines et les procédés les plus perfectionnés.


