Druckschrift 
Notice sur l'importation et l'éducation des moutons a longue laine : et sur l'emploi de leur toison a la filature de Marcq / par J. Cordier
Entstehung
Seite
63
Einzelbild herunterladen

SUR LES MOUTONS À LONGUE LAINE. 63

l’étable où il est renfermé, sur le berger qui le con- duit. Il doit, en outre, payer la rente du sol avan- cée par le fermier; le reste de la valeur du mouton est l'équivalent des soins du fermier.

Mais le cultivateur français qui conduit son trou- peau ouses laines aux marchés ne pourrait les livrer au même prix que ceux de la Suisse et de l’Alle- magne où l'impôt sur la terre et sur le sel est très- faible; et que les propriétaires de troupeaux de Cri- mée, où les moutons sont abandonnés toute l’année sans abri, sans berger, sur des pâturages fertiles non imposés.

En Crimée, à l’époque de la tonte, on conduit les troupeaux sur les bords de la mer; on en tue une partie pour enlever la peau et la laine. La chair qui n'a nulle valeur est jetée à la mer. Des bancs d’es- turgeons sont attirés et pêchés; on enlève les œufs et quelques parties précieuses de ces poissons; le reste est de même rejeté à la mer, la chair du mou- ton et du poisson n'ayant aucune valeur dans ce pays si fertile et si peu habité.

Les laines de Crimée transportées en Italie et à Marseille ne valent pas au-delà de 9 sous la livre, malgré la difficulté actuelle et momentanée des communications. Si on les admettait en concurrence avec celles de la France, le prix de celles-ci tombe- rait au-dessous de la valeur nécessaire pour payer l'impôt et la rente du sol; les cultivateurs français devraient renoncer à élever des moutons et ne pour- raient payer les prix de fermage. Il faut donc par le tarif des douanes faire peser sur les productions