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Notice sur l'importation et l'éducation des moutons a longue laine : et sur l'emploi de leur toison a la filature de Marcq / par J. Cordier
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58 NOTICE

sommation en augmentant la recette des douanes; l'agriculture n’a nullement gagné par ces change- ments.

Par réciprocité, les nations voisines, mécontentes, ont augmenté leurs tarifs sur les vins et autres marchandises; en sorte que la mesure provoquée par les agriculteurs ne leur a été d’aucune utilité, mais est devenue très-funeste aux pays vignobles.

La législation sur les grains paraît plus extraor- dinaire encore; en effet, il n’est permis d'exporter que lorsque les prix sont au-dessous du minimum fixé, et on ne peut importer que lorsque les prix sont au-dessus du maximum déterminé: d’où il ré- sulte que la France n’achète les grains qu'à des taux trés-élevés, qu’elle ne les vend qu’à des prix très-bas, et que les sommes dépensées dans une seule année de disette en importations de blé sont plus considérables que celles retirées par dix années d'exportation.

Les magasins des villes d’entrepôts, comme Mar- seille, se remplissent de blés achetés dans le Levant au plus vil prix, et tous ces blés sont jetés subite- ment dans l’intérieur aussitôt que la limite de l'im- portation est passée; les départements du Midi qui cultivent peu de céréales sont ainsi encombrés pour plusieurs années; et les départements de l'Est et de l'Ouest qui ont un excès de produits, n’ont plus la possibilité de vendre et éprouvent des pertes in- calculables.

Si le gouvernement est tenu d'assurer la subsis- tance des villes, il doit aussi protéger le cultivateur, sur lequel il prélève une partie de ses récoltes, non