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évincée des marchés étrangers, aussitôt que la se- conde offrirait les mêmes marchandises à des prix beaucoup plus bas?
En comparant les fils et tissus faits à la main ou à la mécanique, on reconnait la supériorité des nou- veaux procédés. Le travail de l’ouvrier qui file ou tisse est successivement lent et précipité et toujours
| inégal; sa main agit différemment le matin ou le
soir, avant ou après les repas: tout est cause d’im- perfection. L'emploi des chevaux comme moteur, donne également lieu à beaucoup de variations et de pertes; tandis que les métiers mus par la vapeur, marchant régulièrement, constamment, à très-peu de frais, donnent plus de produits dans un même temps, un ouvrage plus parfait et une grande éco- nomie.
Dans le travail de l’homme, on lui doit sa jour- née, lors même qu’on n’emploie qu'une faible portion de sa force ou de son intelligence; le reste, souvent les>, est perdu sans retour. Dans les machines, on divise la puissance, à volonté, en fractions déterminées par l'effet; on ne paie que la portion dépensée: souvent la force d’un cheval de vapeur, convena- blement distribuée, et appliquée à des métiers, produit, dans vingt-quatre heures, autant d'ouvrage que cent bons ouvriers, et ne coute pas autant que la journée d’un seul. Tels sont maintenant le degré d'avancement des arts mécaniques, le bas prix et la perfection des tissus, la surabondance des produits anglais, qu'il faut de nécessité adopter les nouveaux procédés pour filer et tisser la laine, le lin, le chan-
vre et la soie.


