12 NOTICE
. On ne saurait se défendre d’un sentiment pénible, en examinant le tableau des douanes: chaque ligne semble accuser notre indifférence, et fait pressentir que les améliorations récentes ne sont pas connues ou mises en pratique dans la plupart des départe- ments.
Les troupeaux de moutons, par exemple, formés au hasard, sans distinction de races et d’espèces, sont abandonnés à des fermiers ou bergers igno- rants, qui les laissent, en été, sur des pâturages arides; en hiver, dans des étables où l'air et la lu- mière ne peuvent pénétrer, où le fumier séjourne six mois, et où ils ne reçoivent qu’une nourriture sèche, de mauvaise nature, et en petite quantité.
Les maladies, la gale, abâtardissent les races, al- térent la laine, et font périr un grand nombre de bêtes: les troupeaux souvent renouvelés, et tou- Jours sans choix, ne donnent que de trés-faibles produits et souvent même occasionnent des pertes.
Si on excepte les troupeaux de mérinos et de métis tenus avec soin dans les arrondissements voi- sins de Paris, el chez quelques grands propriétaires ou fermiers de l’intérieur du royaume, le reste est en général dans un état presque constant d’appau- vrissement et de maladie; la laine tombe avant le temps, les agneaux périssent par suite de l’état de maigreur des mères, et le nombre des moutons con- tinue à rester bien au-dessous des besoins de l'agri- culture et des manufactures.
On estime que sur une ferme exploitée avec in- telligence, un cultivateur aisé, et habitué à suivre les bons systèmes d’assolements, peut nourrir un


